La diplomatie sénégalaise a pris les devants pour désamorcer une crise institutionnelle en Guinée-Bissau. Une mission officielle, conduite par les plus hauts responsables du gouvernement, s’est rendue à Bissau ce jeudi pour engager un dialogue de fond avec le général Horta Ntam, président de la transition. L’objectif affiché ? Structurer une médiation régionale capable de rétablir un cadre constitutionnel avant les prochaines échéances électorales.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement direct des décisions prises lors du dernier sommet de la CEDEAO, où Dakar a été désigné pour piloter les négociations. Une responsabilité que le Sénégal assume avec détermination, comme en témoigne la présence du ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, et de son homologue de la Défense, Yankoba Diémé.
Lors de l’audience accordée par le général Horta Ntam, Cheikh Niang a présenté les grandes lignes d’un plan d’action ouest-africain. Ce dernier repose sur plusieurs étapes clés, visant à « accompagner le retour à l’ordre constitutionnel et à garantir la tenue d’élections libres et transparentes ». Les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue régulier afin d’accélérer le processus avant les scrutins prévus à la fin du mois d’août.
La situation en Guinée-Bissau reste sous haute tension depuis le putsch du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo et suspendu tous les processus électoraux. Pour sortir de l’impasse, la junte au pouvoir a validé l’organisation d’un référendum constitutionnel le 30 août 2026. Ce scrutin, destiné à réviser les fondamentaux de la loi fondamentale, marque une première étape vers la réinstauration des institutions démocratiques, sous le regard attentif de la communauté internationale.
Cette médiation sénégalaise pourrait bien être le levier nécessaire pour éviter une dérive autoritaire et relancer le processus politique dans le pays. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de cette initiative diplomatique.