Une épidémie de choléra frappe le Tchad, N’Djamena face à une mortalité alarmante
ÉPIDÉMIE

Une épidémie de choléra frappe le Tchad, N’Djamena face à une mortalité alarmante

Le Tchad est confronté à une propagation continue du choléra, avec un bilan de 320 cas et 15 décès enregistré au 8 août. Une augmentation notable de 52 nouvelles contaminations a été observée en seulement trois jours. La capitale, N’Djamena, suscite une inquiétude particulière en raison de son taux de mortalité élevé, totalisant huit décès sur 92 malades. Parallèlement, plus de 143 000 personnes ont déjà bénéficié d’une vaccination dans les zones ciblées par la riposte sanitaire.

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Au 8 août, le Tchad recensait 320 cas de choléra et 15 décès. Sur une période de 72 heures, 52 nouvelles infections ont été identifiées. Le taux de létalité à l’échelle nationale s’établit désormais à 4,7 %, un chiffre bien supérieur au seuil de 1 % considéré comme acceptable lorsque la maladie est prise en charge efficacement. Actuellement, trois provinces sont affectées : Hadjer-Lamis, la région du Lac et la ville de N’Djamena. Au total, 58 localités, réparties dans douze zones sanitaires actives, ont déclaré des cas de cette infection intestinale aiguë.

La capitale N’Djamena particulièrement touchée

La province de Hadjer-Lamis enregistre le plus grand nombre de personnes malades. Le district de Karal, en particulier, compte 168 cas et cinq décès, soit un taux de létalité de 3 %. La situation est différente à N’Djamena, où le nombre de contaminations est moins élevé (92 cas au total), mais où le nombre de décès atteint huit. Avec un taux de létalité de 8,7 %, la capitale affiche la proportion de décès la plus élevée parmi les zones touchées. Dans la province du Lac, principalement autour du district de Kangalom, 60 cas et deux décès ont été rapportés, portant le taux de létalité à 3,3 %. Les analyses en laboratoire confirment l’ampleur de la circulation de la maladie : sur 48 cultures examinées, 27 se sont révélées positives, soit 56 % des échantillons testés.

Des patients majoritairement jeunes et gravement atteints

Les données épidémiologiques révèlent une tendance alarmante : l’âge médian des individus contaminés n’est que de 10 ans. De plus, la majorité des patients arrivent dans un état nécessitant une intervention médicale urgente. Environ 84 % d’entre eux présentent une déshydratation modérée ou sévère, une complication directe des formes les plus dangereuses du choléra. Sur le plan national, le taux d’attaque est estimé à 13,3 cas pour 100 000 habitants.

Réponse sanitaire et défis de la lutte contre le choléra au Tchad

La stratégie de riposte sanitaire inclut une campagne de vaccination intensive dans les zones à risque. Au 8 août, 143 367 personnes avaient été vaccinées, atteignant ainsi 89,1 % de la population cible. Cependant, les équipes de santé sont confrontées à plusieurs facteurs qui favorisent la transmission de la maladie : un accès insuffisant à l’eau potable, des infrastructures d’assainissement précaires, la pratique de la défécation à l’air libre, une forte densité de population dans certaines zones et les déplacements constants des populations. Dans la province du Lac, les difficultés de communication représentent un obstacle supplémentaire pour la sensibilisation, le suivi des malades et la coordination des interventions sanitaires.

Pour prévenir la maladie, il est essentiel de se laver fréquemment les mains avec de l’eau propre et du savon, de consommer de l’eau potable ou préalablement bouillie, et de consulter un médecin sans délai en cas de diarrhée aiguë. Le choléra, une infection intestinale aiguë, se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Ses formes les plus graves peuvent entraîner une déshydratation rapide et potentiellement fatale si un traitement immédiat n’est pas administré.