Une ambulance vitale pour l’hôpital d’Oicha au Nord-Kivu renforce les urgences médicales

Le Représentant de l’UNFPA, Alain Akpadji, a récemment procédé à la remise d’une ambulance entièrement équipée et médicalisée à l’Hôpital Général de Référence d’Oicha. Ce véhicule essentiel est destiné à optimiser le service de maternité et d’obstétrique, garantissant le transfert rapide et sans frais des urgences médicales vers des installations de soins plus appropriées dans le Nord-Kivu.
Cette initiative cible principalement les femmes enceintes confrontées à des complications, les victimes de violences sexuelles, les jeunes enfants et les blessés de guerre en état critique. Auparavant, l’absence de moyens de transport médicalisé adéquats transformait souvent ces transferts en situations dramatiques, voire fatales, dans cette région du Nord-Kivu.
Ce don s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale « zéro franc à la caisse », un programme ambitieux financé par le Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Le docteur Kaseraka Nzala Essaie, directeur a.i. de l’HGR d’Oicha, a exprimé sa profonde gratitude envers l’UNFPA, saluant son dévouement constant pour un avenir où chaque grossesse est souhaitée et chaque accouchement se déroule en toute sécurité. Il a insisté sur l’importance cruciale de ce véhicule, déclarant :
Dans une région constamment menacée par les attaques, cette ambulance dépasse le simple statut de véhicule ; elle incarne un véritable outil de survie. Ici, chaque minute gagnée se traduit par une vie sauvée.
En parallèle à la remise de cette ambulance vitale, des travaux de réhabilitation de la salle d’accouchement sont actuellement en cours au sein de l’Hôpital Général de Référence d’Oicha. Cet établissement, doté d’une capacité de 89 lits, gère en moyenne 350 accouchements chaque mois, témoignant de la pression démographique constante dans la région du Nord-Kivu.
Au-delà du transport : une prise en charge globale et intégrée
Lors de sa visite, le Représentant de l’UNFPA a également exploré le Centre Intégré de Services Multisectoriels (CISM), stratégiquement implanté au cœur de l’HGR d’Oicha. Ce centre propose une approche holistique pour soutenir les survivants de violences sexuelles et de toutes formes de violences basées sur le genre, avec des guichets spécialisés offrant un accompagnement médical, psychosocial, juridique et d’aide à la réinsertion.
Au cours de cette visite émouvante, plusieurs bénéficiaires ont partagé leurs témoignages poignants, exprimant leur profonde reconnaissance pour la qualité de l’accompagnement reçu. Leurs récits ont souligné le rôle fondamental de ces services dans leur cheminement vers la reconstruction physique et mentale.
Alain Akpadji, représentant résident de l’UNFPA en RDC, aux côtés de survivantes au Centre intégré de services multisectoriels d’Oïcha, dans le Nord-Kivu. Photo : Junior Mayindu
Oicha, l’épicentre d’un drame humain et sanitaire
Dans le territoire de Beni, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Les assauts répétés du groupe armé non étatique ADF ont contraint des milliers de familles à fuir leurs foyers. En conséquence, les villes d’Oicha et de Beni ont vu leur population augmenter de plus de 40 % avec l’arrivée de déplacés extrêmement vulnérables, exacerbant la crise humanitaire.
À cette crise sécuritaire, caractérisée par de graves violations des droits humains et des violences sexuelles liées aux conflits, s’ajoute la 17ᵉ épidémie de Maladie à Virus Ebola, de la souche Bundibugyo, qui frappe la région, rendant la situation sanitaire encore plus précaire.
Un partenariat des Nations Unies pour la dignité
Financé par le FONAREV dans le cadre d’un Programme Conjoint des Nations Unies, regroupant le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes, le BCNUDH et l’UNFPA en tant qu’agence chef de file, ce soutien essentiel s’inscrit dans les Mesures Provisoires d’Urgence (MPU). L’UNFPA collabore étroitement avec des partenaires locaux tels que PPSSP, Heal Africa et TPO dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans le but d’accompagner et d’offrir des réparations aux victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes graves.