Un gage de sérénité : renforcer la sécurité des journalistes au Cameroun

Quinze professionnels des médias ont récemment participé à une journée intensive de formation à Yaoundé, axée sur des aspects cruciaux de leur sécurité. Au programme : l’évaluation proactive des menaces avant tout reportage, l’adoption de bonnes pratiques en milieu hostile, la protection rigoureuse des informations sensibles et des sources, ainsi que la gestion des impacts psychologiques liés à la couverture d’événements traumatisants.

Yanick Bezang, coordinateur du projet Cameroun Média Plus, a mis en lumière l’importance capitale de la sécurité des journalistes au Cameroun dans l’exercice de leur métier. « Les reporters sont souvent amenés à couvrir des zones de conflit, des catastrophes naturelles dévastatrices, des manifestations tendues ou des périodes de forte instabilité politique. Leur détermination à informer ne doit en aucun cas compromettre leur intégrité physique ou mentale. Cette session leur offre des outils concrets pour anticiper les dangers et exercer leur profession avec plus de sérénité », a-t-il affirmé lors de l’ouverture des travaux.

Cette initiative intervient dans un contexte où les acteurs des médias sont confrontés à des environnements de travail complexes et parfois périlleux. Qu’il s’agisse des répercussions de la crise persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des catastrophes naturelles imprévues ou de la couverture d’événements particulièrement délicats, les défis sont nombreux.

Blaise Atabong Amindeh, l’expert qui a animé cette session, a fortement insisté sur la nécessité d’intégrer les réflexes de sécurité au cœur de la pratique journalistique quotidienne. « La meilleure protection dont un journaliste peut bénéficier réside avant tout dans sa préparation. Savoir détecter un risque, analyser son environnement, sécuriser ses déplacements et ses communications peut faire une différence vitale sur le terrain. La sécurité n’est pas un frein à l’information ; elle en est désormais une condition sine qua non », a-t-il précisé.

Pour Larissa Ndjakomo, une des participantes, cette formation répond à un besoin pressant. « Nous nous concentrons fréquemment sur la production de l’information, sans toujours prendre la pleine mesure des dangers auxquels nous nous exposons. Cette journée m’a permis d’acquérir des réflexes essentiels que je mettrai en œuvre lors de mes futures missions de reportage. Je me sens désormais mieux armée et plus confiante. »

Cette session organisée à Yaoundé constitue la troisième d’une série de formations déployées à travers les dix régions du Cameroun. Elle s’inscrit dans le cadre du projet Cameroun Média Plus, une initiative portée par la Fédération Internationale des Journalistes, dont l’objectif est de consolider un écosystème médiatique plus sûr, plus professionnel et plus résilient.