Tension en rdc : tshisekedi recule face à l’opposition sur la réforme constitutionnelle

Tension en RDC : Tshisekedi recule face à l’opposition sur la réforme constitutionnelle

La République démocratique du Congo (RDC) traverse une période de fortes tensions politiques après l’annonce, jeudi 13 août, d’un report de la loi constitutionnelle portée par le camp présidentiel. Félix Tshisekedi a sollicité une nouvelle délibération parlementaire sur le texte controversé, qui vise à organiser un référendum pour réformer la Constitution de 2006.
La Coalition Article 64 (C64), regroupant l’essentiel des forces d’opposition, accuse le chef de l’État de vouloir contourner l’interdiction d’un troisième mandat en instrumentalisant ce projet. Dès mercredi 12 août, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64, avait menacé de mobilisations massives si aucune réponse concrète n’était apportée à leurs revendications.
La coalition avait initialement prévu une marche à Kinshasa pour ce samedi 15 août, avant de reporter l’événement à la demande des Églises catholique et protestante du Congo, qui prônaient le dialogue. Cependant, elle maintient sa pression : « Le retrait pur et simple de la proposition de loi référendaire doit être acté », avait prévenu la C64.
Une concession accueillie avec prudence
Si Félix Tshisekedi cède partiellement en acceptant de renégocier, la C64 juge cette avancée insuffisante. « C’est un petit pas dans la bonne direction », a reconnu Prince Epenge, cofondateur de la coalition, tout en précisant que la mobilisation continuerait jusqu’à l’abandon définitif du texte. Les opposants rappellent que 65 organisations de la société civile ont également interpellé le président, mettant en garde contre les risques de déstabilisation que ferait peser un référendum constitutionnel.
Dans un mémorandum rendu public lundi 10 août, ces structures dénoncent une initiative susceptible « d’exacerber les tensions, d’aggraver les fractures sociales et de détourner les institutions de leurs priorités nationales ». Leur appel à renoncer au projet s’ajoute à la pression croissante exercée par l’opposition politique et la société civile sur le pouvoir en place.