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Suspension de Vision 4 au Cameroun : un mois sans antenne qui change la donne pour les téléspectateurs et le procès Martinez Zogo

Suspension de Vision 4 au Cameroun : un mois sans antenne qui change la donne pour les téléspectateurs et le procès Martinez Zogo

La décision du Conseil national de la communication (CNC) de suspendre Vision 4 pour un mois a des répercussions directes sur les téléspectateurs camerounais, privés d’une source d’information majeure, et sur l’économie des médias du groupe Amougou Belinga. Cette sanction, qui intervient en plein procès Martinez Zogo, soulève des questions sur l’accès à l’information et la couverture judiciaire.

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Une suspension qui prive les foyers d’un média populaire

Depuis mardi, la chaîne Vision 4 est interdite de diffusion de tout programme audiovisuel pour une durée d’un mois, a annoncé le CNC. Le régulateur reproche à ses dirigeants d’avoir contesté son autorité et de ne pas avoir donné suite à une convocation. Cette décision a un impact immédiat sur les habitudes des téléspectateurs, qui perdent l’accès à une antenne connue pour ses émissions d’information et de débat. Pour le groupe de Jean-Pierre Amougou Belinga, propriétaire de Vision 4, la sanction représente une perte de visibilité et potentiellement de revenus publicitaires.

Le journal L’Anecdote également touché : un précédent qui pèse

Le CNC a aussi suspendu pour un mois Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication du quotidien L’Anecdote, un autre média du même groupe. Selon le régulateur, le journal a publié un article contenant des propos non fondés, injurieux et offensants envers une avocate des parties civiles. Cette double sanction rappelle que Vision 4 avait déjà été épinglée en juin, en même temps que le journaliste Martial Thaddée Owona et son directeur Philippe Boni Menyene, pour la diffusion d’un reportage jugé attentatoire à la dignité de cette avocate. Le CNC estime que la première sanction n’a guère été appliquée et que de nouveaux contenus ont continué à mettre en cause la même personne.

Le procès Martinez Zogo se poursuit dans un contexte sous tension

Ces mesures tombent alors que le procès de Martinez Zogo se tient devant le tribunal militaire de Yaoundé. L’animateur radio avait été enlevé le 17 janvier 2023 près d’un poste de gendarmerie de la capitale. Son corps, nu et mutilé, avait été retrouvé cinq jours plus tard. Jean-Pierre Amougou Belinga est poursuivi pour complicité de séquestration, torture et assassinat. Il comparaît notamment aux côtés de l’ancien directeur de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Léopold Maxime Eko Eko, et du lieutenant-colonel Justin Danwe, accusé d’avoir dirigé le commando impliqué dans l’enlèvement du journaliste.

Pour les observateurs, la suspension de Vision 4 pourrait limiter la couverture médiatique du procès et priver le public d’une source d’information sur une affaire très suivie. Elle soulève aussi des interrogations sur la liberté de la presse au Cameroun, alors que les médias du groupe Amougou Belinga sont directement concernés par les poursuites judiciaires en cours.