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Permis Thali : comment la cession à Prime Global Energies va impacter l’économie camerounaise

L’avenir énergétique du Cameroun se joue en ce moment sur le permis offshore Thali. La validation présidentielle de la cession de 42,5 % des parts de Tower Resources à Prime Global Energies n’est pas qu’une simple formalité administrative : elle aura des répercussions directes sur l’économie nationale, sur l’emploi dans le secteur pétrolier et sur la capacité du pays à attirer de nouveaux investissements. Pour les citoyens, l’enjeu est de taille : un éventuel développement du gisement pourrait générer des recettes publiques substantielles et réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers.

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L’opération, encore en attente de finalisation, prévoit un apport de 15 millions de dollars de la part du nouvel entrant pour financer le programme de travaux. Ce montant, converti au taux de référence de la Banque centrale européenne du 28 septembre 2026, équivaut à environ 8,65 milliards de FCFA. Un investissement loin d’être anecdotique dans un contexte où le pays cherche à relancer son industrie pétrolière.

Il ne s’agit pas d’un versement direct à Tower Resources. Le mécanisme retenu est celui du farm-out : Prime Global Energies financera une partie du programme technique en échange d’une participation au capital. La société britannique conservera toutefois la conduite des opérations via sa filiale locale, Tower Resources Cameroon, tandis que Prime interviendra comme partenaire non opérateur.

Les retombées économiques attendues pour le Cameroun

L’entrée de Prime Global Energies dans le capital du permis Thali pourrait avoir des effets tangibles sur l’économie camerounaise. D’abord, le forage du puits d’appréciation NJOM-3, prévu pour le début du deuxième trimestre 2027, mobilisera des entreprises locales, notamment dans la logistique, l’hébergement et les services aux industries pétrolières. Ensuite, en cas de découverte commerciale, les recettes fiscales et les redevances versées à l’État augmenteraient significativement.

Pour l’heure, la procédure administrative n’est pas encore bouclée. Tower Resources indique avoir reçu une copie de la lettre de la présidence adressée aux services du Premier ministre, au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) ainsi qu’à la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Le Minmidt doit encore préparer l’arrêté prolongeant la période initiale d’exploration et transmettre la lettre formelle d’approbation de la cession. Tant que ces documents ne seront pas exécutés, l’opération restera suspendue.

Ce retard administratif a un coût. Le programme d’exploration accuse déjà plusieurs années de retard, faute de moyens financiers suffisants pour engager les travaux de forage. Chaque mois perdu, c’est un manque à gagner potentiel pour l’État et pour les populations qui attendent des retombées concrètes de l’exploitation pétrolière.

Un partenaire solide pour rassurer les autorités et les investisseurs

Prime Global Energies n’est pas un acteur inconnu dans le secteur. Enregistrée au Royaume-Uni et spécialisée dans l’amont pétrolier et gazier, la société portait encore le nom de Prime Pakistan Limited jusqu’en décembre 2024, après avoir opéré sous l’appellation Eni Pakistan Limited. Cette filiation avec le groupe italien Eni lui confère une expérience opérationnelle qui pourrait rassurer les autorités camerounaises sur la solidité technique du nouveau partenaire.

Pour les acteurs du secteur, cette arrivée est synonyme de crédibilité retrouvée. Elle envoie un signal positif aux autres investisseurs étrangers, souvent frileux à l’idée de s’engager dans des projets pétroliers camerounais en raison des lenteurs administratives et des incertitudes financières.

Un calendrier de forage qui glisse encore

L’entrée de Prime vise principalement à sécuriser le financement de NJOM-3, prochain puits d’appréciation prévu sur Thali. Tower a révisé son échéancier : le forage devrait débuter au début du deuxième trimestre 2027, soit à partir d’avril, contre une hypothèse antérieure fixée au premier trimestre. Un démarrage plus précoce n’est pas totalement exclu, mais la direction préfère retenir la fenêtre la plus prudente dans ses prévisions.

« Nous prévoyons actuellement de commencer le forage au début du deuxième trimestre 2027 », déclare Jeremy Asher, président-directeur général de Tower Resources. Le choix de la plateforme de forage n’est pas encore contractualisé. La compagnie continue d’examiner les appareils disponibles sur le marché et a décidé de ne plus communiquer sur ce point avant la signature d’un contrat ferme. Les projets d’accord avec les autres prestataires nécessaires à l’opération sont, en revanche, déjà prêts.

Une partie de la logistique est même en place à Douala. Tower y a entreposé, avec d’autres équipements destinés à NJOM-3, un système permettant de suspendre le puits après les tests et de le réutiliser ultérieurement pour la production, si les résultats des tests s’avèrent probants.

Une trésorerie exsangue qui rend l’accord vital pour Tower

L’apport de Prime revêt un caractère quasi existentiel pour Tower. Le groupe indique dans ses comptes qu’il devra soit finaliser le farm-out camerounais, soit conclure une autre transaction sur ses actifs, soit lever des capitaux supplémentaires pour honorer ses engagements. Au 30 juin 2026, la compagnie ne disposait que de 66 583 dollars de trésorerie, face à 2,91 millions de dollars de passifs courants. Elle n’a jamais produit un baril et ne génère aucun chiffre d’affaires.

Sur le premier semestre, 453 000 dollars de dépenses ont été capitalisées au Cameroun, contre 982 000 dollars un an plus tôt. Ces engagements couvrent la préparation de NJOM-3, les études d’ingénierie, la planification du forage et le fonctionnement du bureau de Douala. Les 15 millions de dollars promis par Prime devraient suffire à couvrir le solde nécessaire au forage d’appréciation. Les tests ultérieurs et un éventuel développement commercial du gisement exigeront, eux, de nouveaux tours de table.

Si l’opération venait à échouer, les conséquences seraient lourdes : retard supplémentaire du projet, perte de confiance des investisseurs, et surtout, report sine die des bénéfices économiques attendus pour le Cameroun. À l’inverse, une finalisation rapide ouvrirait la voie à une nouvelle dynamique pour le secteur pétrolier national.