Souveraineté populaire en RDC : entre réforme constitutionnelle et enjeux politiques

La souveraineté populaire au cœur des débats politiques en République démocratique du Congo

Vingt ans après l’adoption de la loi référendaire de 2005, les parlementaires congolais ont adopté un nouveau texte encadrant l’organisation des référendums, notamment en cas de réforme constitutionnelle. Ce projet suscite des réactions contrastées dans la classe politique et parmi les citoyens de Kinshasa.

Siège du Parlement à Kinshasa, symbole des débats sur la souveraineté populaire

Une réforme constitutionnelle au cœur des tensions

Le texte adopté par les députés congolais vise à encadrer les modalités d’organisation des référendums, notamment en cas de révision constitutionnelle. Si certains y voient une avancée démocratique, d’autres dénoncent une manœuvre politique visant à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat consécutif.

Parmi les défenseurs de cette réforme, Maria Eloyi, juriste à Kinshasa, souligne que « la Constitution, expression de la volonté populaire, ne peut être modifiée que par un référendum. C’est une procédure incontournable, non seulement pour des raisons politiques, mais aussi parce que certains articles de notre texte fondamental nécessitent une mise à jour ».

Les citoyens partagent des avis divergents

Sur le terrain, les réactions sont tout aussi variées. Placide Lukeka, jeune habitant de Kinshasa, se dit favorable au changement de la Constitution. « Ce n’est pas qu’une question de stratégie politique, explique-t-il. Une nouvelle République pourrait apporter des changements positifs pour notre pays ».

À l’inverse, Ange Aloki critique vivement cette initiative. « Les priorités du peuple ne sont pas prises en compte, déplore-t-elle. Pourquoi consacrer autant d’énergie à ce débat deux ans avant les élections ? Où étaient-ils avant pour réformer la Constitution ? »

Un débat juridique qui s’intensifie

Au-delà des clivages politiques, le texte soulève des questions juridiques majeures. Plusieurs experts estiment que la souveraineté populaire doit s’exercer dans le strict respect de la Constitution.

Godefroy Mwanabwato, avocat au barreau de la Tshopo, met en garde : « La Cour constitutionnelle pourrait invalider certaines dispositions de cette loi si elles dépassent les prérogatives du législatif en matière référendaire ».

Dans l’arène politique, l’opposition a choisi de boycotter les débats parlementaires. Ses dirigeants ont appelé à une journée de mobilisation le 3 juin et prévoient une manifestation ce 13 juin pour exprimer leur opposition à cette procédure.