Politique

Sénégal : le tournant politique de l’enquête parlementaire qui secoue l’exécutif et l’opposition

Un refus qui change la donne dans l’affaire foncière sénégalaise

L’absence remarquée de Mme Demba Dieng, ancienne directrice du Cadastre et conseillère de Bassirou Diomaye Faye, devant la commission d’enquête parlementaire sur la gestion des terres a déclenché une crise inédite. Ce rejet de convocation, révélé ce jeudi 15 octobre, marque un tournant décisif dans l’équilibre des pouvoirs au Sénégal. En refusant de comparaître, elle a braqué les projecteurs sur une stratégie jusqu’ici discrète de l’exécutif : mettre en lumière les limites de l’Assemblée nationale face aux décisions présidentielles.

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Pourquoi ce refus de Demba Dieng fait basculer la situation

Contrairement aux deux colonels de la DSCOS qui ont invoqué leur statut militaire pour esquiver leur convocation, Demba Dieng n’a fourni aucun motif officiel à son absence. Cette différence de traitement alimente les spéculations : s’agit-il d’une instruction discrète du palais présidentiel ou d’une initiative personnelle ? Si une consigne générale avait été donnée, elle pourrait s’étendre à d’autres membres de l’entourage présidentiel, dont des ministres. Pour l’instant, aucune preuve ne l’atteste, mais la question persiste.

Daouda Ngom, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, a quant à lui annoncé sa participation à l’enquête. Selon ses déclarations, six autres ministres (en fonction ou à la retraite) auraient refusé de répondre aux convocations. Cependant, ces allégations n’ont été ni confirmées par la commission ni par les personnes concernées. L’identité de ces ministres reste donc un mystère, faute de transparence.

L’enquête foncière, une arme politique à double tranchant

L’affaire foncière, qui sert de toile de fond à cette crise institutionnelle, touche des intérêts économiques et politiques majeurs. La gestion des terres au Sénégal est un sujet sensible, souvent lié à des affaires de corruption ou de favoritisme. En convoquant des proches du président, la commission parlementaire cherche à élucider des zones d’ombre, mais l’absence de Demba Dieng complique considérablement son travail.

La commission a indiqué qu’elle poursuivrait ses investigations « conformément à son mandat », tout en rappelant que chaque personne convoquée est présumée innocente. Un refus de comparaître ne préjuge pas de sa culpabilité ou de son innocence. Les prochaines semaines seront déterminantes : l’Assemblée nationale saura-t-elle imposer son autorité face à l’exécutif ?

Quelles conséquences pour le Sénégal ?

Cette crise institutionnelle, si elle persiste, pourrait fragiliser la stabilité politique du pays. L’économie sénégalaise, déjà en proie à des défis majeurs, pourrait subir des répercussions si la méfiance entre les institutions s’accentue. Les acteurs politiques et économiques attendent avec impatience les prochaines étapes de l’enquête et les réactions de l’exécutif.

Une chose est certaine : cette affaire a révélé des tensions insoupçonnées entre l’Assemblée nationale et la présidence. Le Sénégal est-il à l’aube d’un blocage institutionnel, ou réussira-t-il à surmonter cette épreuve avec diplomatie ? La réponse se dessinera dans les heures et les jours à venir.

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