Réforme du Code électoral au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye durcit les règles d’inéligibilité
Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a scellé, le 12 mai 2026, l’entrée en vigueur de la loi n° 2026-10, réformant en profondeur le Code électoral du Sénégal. Votée à une large majorité de trois cinquièmes par les députés, cette modification législative redéfinit les critères empêchant les citoyens de figurer sur les listes électorales. Publiée dans un numéro spécial du Journal Officiel le 15 mai 2026 sous l’égide du Premier ministre Ousmane Sonko, elle met fin à des années d’ambiguïté sur les sanctions applicables en matière d’exclusion électorale.
Ce que change concrètement la réforme électorale
L’article L.29 du Code électoral subit une refonte majeure. Désormais, quatre profils de citoyens se voient interdire toute inscription sur les listes électorales : les condamnés pour crime, ceux reconnus coupables d’infractions financières graves (vol, escroquerie, abus de confiance, détournement, corruption, blanchiment de capitaux ou trafic d’influence), les personnes frappées d’une interdiction judiciaire du droit de vote, ainsi que les majeurs déclarés incapables.
Un point clé de cette réforme réside dans l’introduction d’une durée d’exclusion fixe et uniforme : cinq ans à partir de la date où la condamnation devient définitive. Cette précision élimine enfin l’incertitude liée aux durées variables des anciennes dispositions. Par ailleurs, l’article L.30, autrefois responsable de l’exclusion automatique pour toute condamnation à une amende dépassant 200 000 francs CFA, est purement supprimé.
Pourquoi cette refonte était indispensable
Les auteurs de la loi soulignent les lacunes criantes de l’ancien système. L’exclusion systématique après seulement trois mois d’emprisonnement, même avec sursis, ou pour une simple amende, était jugée trop extensive. Faute de cadre temporel clair, cette approche exposait le processus électoral à des risques d’abus, menaçant à la fois les droits des citoyens et la stabilité démocratique. La nouvelle mouture recentre donc les inéligibilités sur les infractions les plus graves, tout en instaurant une prévisibilité bienvenue.
Un texte aux répercussions politiques majeures
Adoptée grâce à une majorité qualifiée de trois cinquièmes, cette réforme intervient à un moment charnière, à l’approche des prochaines élections. Elle pourrait, selon les situations individuelles, rendre éligibles plusieurs personnalités condamnées ces dernières années, qu’elles appartiennent à l’opposition ou à d’autres formations politiques. Une avancée qui pourrait redéfinir l’échiquier électoral à venir.