Abidjan : une rencontre essentielle sur le genre et l’économie verte en Afrique de l’Ouest

Une initiative régionale pour concilier genre et transition écologique

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné le coup d’envoi, ce vendredi à Abidjan, d’un atelier régional inédit centré sur les enjeux du genre, du changement climatique et de l’économie verte. Cette rencontre, qui s’étend sur deux journées, rassemble des experts, des acteurs institutionnels et des partenaires techniques pour aborder les défis majeurs de la transition écologique dans la sous-région.

Organisé par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), en partenariat avec ONU Femmes, cet événement s’articule autour de la thématique : « Action climatique et transitions vertes sensibles au genre : vers des solutions durables en Afrique de l’Ouest ». L’objectif ? Mettre en place un programme régional intégré visant à renforcer la participation des femmes dans les politiques environnementales et à ouvrir des perspectives économiques liées à l’économie verte.

Priorité à l’inclusion face aux défis climatiques

Lors de l’ouverture des travaux, la directrice du CCDG, Sandra Oulaté, a mis en lumière l’urgence d’une approche inclusive pour faire face aux répercussions du changement climatique en Afrique de l’Ouest. Elle a rappelé que les femmes, en particulier dans les zones rurales et agricoles, subissent de plein fouet les effets des dérèglements climatiques.

Le futur programme, dont les contours seront définis d’ici 2030, entend faciliter l’accès des femmes aux financements verts, aux emplois durables et aux opportunités économiques découlant des politiques environnementales. Une avancée majeure pour une région où les inégalités de genre persistent dans l’accès aux ressources.

La Côte d’Ivoire en première ligne des initiatives écologiques

Louis-Philippe Boni, représentant le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine, a salué les avancées de la Côte d’Ivoire en matière de genre et d’environnement. Le pays se distingue notamment par ses politiques de reboisement, de transition énergétique et de promotion de la représentation féminine dans les instances décisionnelles.

Il a également insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les États membres de la CEDEAO pour améliorer l’accès des femmes aux mécanismes de financement vert et accroître leur participation aux initiatives climatiques régionales.

Feuille de route et orientations stratégiques

À l’issue de cet atelier, les participants seront amenés à définir les grandes lignes du programme régional. Cela inclut l’établissement d’un budget dédié, la mise en place de mécanismes opérationnels et la définition d’une feuille de route pour les années à venir. Un cadre stratégique indispensable pour concrétiser les ambitions de la CEDEAO en matière d’égalité des genres et de résilience climatique.

Les femmes rurales en première ligne des impacts climatiques

Dr Namizata Binaté, représentante du ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a attiré l’attention sur les conséquences dramatiques des sécheresses, inondations et dégradations des sols sur les femmes vivant en milieu rural. Elle a plaidé pour une implication accrue des femmes dans les processus de décision liés aux politiques climatiques.

De son côté, Dr Kalilou Sylla, commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture à la Commission de la CEDEAO, a souligné le rôle clé des femmes dans l’économie agricole ouest-africaine. Malgré leur contribution essentielle, elles font face à des obstacles persistants pour accéder aux ressources productives et aux financements nécessaires.

Pour lui, l’égalité des genres représente un levier incontournable pour construire des économies plus résilientes face aux défis climatiques. Une vision partagée par l’ensemble des participants à cette rencontre historique.