Rapatriement des réfugiés entre la RDC et le Rwanda : vers un objectif de 10 000 retours en 2026

La dynamique de retour des populations déplacées s’accélère dans la région des Grands Lacs. Réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, les représentants de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont dressé un bilan positif des opérations de rapatriement volontaire entamées depuis plus d’un an.

Des réfugiés rwandais rapatriés dans leur pays à partir de Goma

Des chiffres en progression constante

Depuis le mois de janvier 2025, les efforts conjoints ont permis le retour sécurisé de 8 394 réfugiés rwandais installés sur le sol congolais. Pour la seule année 2026, ce sont déjà 2 347 personnes qui ont regagné leur pays d’origine dans la dignité. Forts de cette réussite, les trois partenaires affichent désormais une ambition claire : atteindre le cap des 10 000 rapatriements volontaires d’ici la fin de l’année 2026.

Cette accélération repose sur une coordination renforcée. Les parties ont notamment décidé d’utiliser prioritairement le point de passage frontalier entre Kamanyola (Sud-Kivu, RDC) et Bugarama (Rwanda). Ce couloir stratégique facilitera le retour de plus de 3 600 réfugiés rwandais actuellement dispersés dans les zones reculées de la province du Sud-Kivu.

Le défi du retour des réfugiés congolais

Si le rapatriement vers le Rwanda progresse, celui des réfugiés congolais vivant en terre rwandaise reste à concrétiser. Pour débloquer la situation, un calendrier précis a été établi. Dès octobre 2026, la RDC devra identifier des zones de retour prioritaires. Cette sélection s’appuiera sur des enquêtes d’intention menées auprès des déplacés et sur des données géographiques précises fournies par les autorités rwandaises.

Afin d’assurer la pérennité de ces engagements, un mécanisme de suivi trimestriel a été instauré. La première de ces rencontres de coordination transfrontalière est programmée pour septembre 2026. Par ailleurs, le Rwanda s’est engagé à maintenir la fluidité des retours tout en respectant les protocoles sanitaires rigoureux liés aux risques épidémiologiques régionaux, notamment la maladie à virus Ebola.

Un cadre diplomatique complexe

Ces avancées s’inscrivent dans le cadre des accords tripartites signés initialement en 2010 et respectent les conventions internationales relatives au statut des réfugiés. La question migratoire demeure un enjeu central des discussions de paix, notamment à travers les processus de Washington et de Doha, visant à stabiliser l’est de la RDC face à l’insécurité persistante liée à la rébellion de l’AFC/M23.

Malgré certains retards constatés dans l’application globale des accords de paix, ce volet humanitaire mené sous l’égide du HCR offre une lueur d’espoir pour des milliers de familles en quête de stabilité. Une nouvelle réunion ministérielle est d’ores et déjà prévue pour juin 2027 afin d’évaluer l’impact de ces mesures sur le long terme.