Nigeria et Bénin : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière
Nigeria et Bénin : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière
Le Niger a posé plusieurs conditions strictes pour envisager la réouverture de sa frontière avec le Bénin, fermée depuis près de trois ans. Niamey exige notamment la signature d’accords bilatéraux garantissant une protection mutuelle contre toute utilisation des territoires respectifs à des fins hostiles. Une transparence totale sur les dispositifs militaires étrangers déployés à proximité de la ligne frontalière, tracée par le fleuve Niger, est également réclamée.
Des discussions techniques menées par le ministre de l’Intérieur nigérien
Le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, s’est rendu à Cotonou le samedi 20 juin pour échanger avec le comité d’experts chargé du dossier. Il a souligné deux priorités : « la signature d’un accord de défense solide » et « un pacte de sécurité fondé sur l’engagement mutuel de ne pas utiliser le territoire de l’autre pays contre lui ».
Le haut responsable a également insisté sur la nécessité d’une « coordination renforcée en matière de renseignement », afin de lutter efficacement contre les menaces transfrontalières. Les tensions persistantes entre Niamey et Cotonou, notamment concernant la présence de bases militaires étrangères à la frontière, ont été évoquées lors de ces échanges.
Un contexte sécuritaire sous haute tension au Sahel
Le Niger et le Bénin, tous deux confrontés à une recrudescence des violences jihadistes liées à Al-Qaïda et à l’État islamique, subissent une pression croissante sur leurs zones frontalières. La fermeture de cette frontière, effective depuis l’été 2023, s’inscrit dans un climat de méfiance réciproque alimenté par des accusations de soutien extérieur à des mouvements antinigeriens.
Cependant, une lueur d’espoir est apparue début juin avec la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey. Ce déplacement a marqué un tournant dans les relations bilatérales, permettant d’envisager une normalisation progressive des échanges.
Vers une cellule conjointe de renseignement ?
Parmi les mesures proposées, le général Toumba a proposé la « création immédiate d’une cellule bilatérale dédiée au partage des renseignements ». L’objectif ? Permettre aux forces armées des deux pays de « mutualiser leurs efforts face à un ennemi commun qui ignore les frontières ».
Cette initiative s’ajoute aux exigences de transparence et de sécurité, reflétant la volonté de Niamey de sécuriser ses approches tout en relançant le dialogue avec son voisin. La réouverture de cette frontière, cruciale pour les échanges économiques et la libre circulation, reste cependant conditionnée à la satisfaction de l’ensemble des demandes nigériennes.