L’or au Cameroun et en rdc : des comptes à rendre pour les acteurs locaux et internationaux

Dans les mines d’or du Cameroun et de la République démocratique du Congo (RDC), les mécanismes de contrôle et de redistribution des revenus issus de l’exploitation aurifère montrent des lacunes persistantes. Malgré les initiatives mises en place, les résultats restent en deçà des attentes, laissant planer un doute sur la transparence des acteurs du secteur.

Un engin minier chinois sur un site d'extraction d'or à Betare Oya, Cameroun, en avril 2018.

Des écarts préoccupants entre déclarations et réalités

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, le Cameroun a officiellement annoncé l’exportation de seulement 22 kilogrammes d’or. Pourtant, les pays importateurs déclarent avoir acheté plus de 15 tonnes en provenance de ce pays. Ces disparités soulèvent des questions sur l’efficacité des contrôles et la fiabilité des déclarations officielles.

Un rapport accablant sur la gestion du secteur

Un récent rapport de l’Institut d’études de sécurité (ISS) met en lumière les insuffisances criantes dans la gestion de l’exploitation aurifère au Cameroun et en RDC. Les revenus générés par cette activité, loin de profiter pleinement aux populations locales, sont souvent détournés ou mal redistribués. Les opérateurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, semblent échapper à toute forme de responsabilité.

Les exigences de transparence et de responsabilité

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger une meilleure gouvernance. La professeure Aïcha Pemboura, experte à l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale, insiste sur la nécessité de rendre des comptes. Selon elle, les acteurs du secteur doivent être tenus de garantir une exploitation équitable et transparente, au bénéfice des États et de leurs citoyens.

Les défis à relever

  • Renforcer les mécanismes de contrôle : Mettre en place des outils de suivi plus stricts pour s’assurer que les quantités déclarées correspondent aux volumes réellement extraits et exportés.
  • Lutter contre les fraudes : Identifier et sanctionner les acteurs impliqués dans des pratiques illégales ou opaques.
  • Réinvestir les revenus dans le développement local : Assurer que les bénéfices générés par l’exploitation aurifère contribuent au financement des infrastructures et des services publics.