L’industrialisation de la Côte d’Ivoire comme moteur indispensable de sa croissance
Lors d’une rencontre avec les médias organisée à Abidjan, l’avenir économique de la Côte d’Ivoire a fait l’objet d’analyses approfondies. Paul-Harry Aithnard, dirigeant de haut niveau au sein d’Ecobank, a partagé sa vision sur la trajectoire que doit emprunter le pays pour atteindre une émergence pleine et entière. Selon lui, la transformation industrielle n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour changer d’échelle économique.
Pour illustrer son propos, l’expert a cité l’exemple de la Malaisie. Il y a 25 ans, ce pays affichait un PIB de 100 milliards de dollars, soit le niveau actuel de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, la Malaisie dépasse les 400 milliards. Ce bond spectaculaire démontre qu’une multiplication par quatre de la richesse nationale est réalisable sur un quart de siècle grâce à un effort soutenu d’industrialisation.
Les piliers de la stratégie de développement
Afin de concrétiser cette ambition, plusieurs leviers doivent être activés simultanément :
- L’inclusion financière massive : Il est impératif de généraliser l’accès aux comptes bancaires pour favoriser l’épargne locale, les paiements sécurisés et le financement des investissements.
- La transition numérique : La technologie est le vecteur essentiel pour accroître la productivité à moindre coût et permettre aux entreprises de passer à une dimension supérieure.
- Le soutien du secteur privé : Les banques ont pour mission de financer les infrastructures lourdes, un engagement déjà pris par certains acteurs majeurs de la place.
Le rôle de l’État et le défi de la formation
L’industrialisation repose également sur des prérequis régaliens. L’accès à une énergie abondante et stable est le premier socle de toute production manufacturière. Sur ce point, la Côte d’Ivoire a réalisé des avancées notables en augmentant significativement sa capacité électrique ces dernières années.
Parallèlement, la réforme de l’éducation est perçue comme un facteur clé de succès. L’accent doit être mis sur les filières scientifiques, technologiques et le management. Les orientations actuelles prises par le gouvernement ivoirien dans le secteur éducatif constituent, selon les observateurs, des signaux positifs pour préparer la jeunesse aux défis de l’économie de demain.