Le Tchad quitte la cour pénale internationale : une décision basée sur la sélectivité de la cpi

Le gouvernement de la République du Tchad a pris une mesure historique en se retirant officiellement du Statut de Rome, fondement juridique de la Cour pénale internationale (CPI). Cette annonce, officialisée par un communiqué gouvernemental, s’appuie sur une critique sans équivoque du fonctionnement de l’institution, jugée « à géométrie variable » et marquée par une « sélectivité évidente » envers les pays africains.

Un retrait motivé par un bilan jugé insuffisant

Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères tchadien précise que cette décision fait suite à une « évaluation rigoureuse » du rôle de la CPI depuis son entrée en vigueur en 2002. Selon les autorités, l’efficacité de la Cour est restée « limitée et déséquilibrée », notamment en raison de son approche inégale dans la poursuite des crimes les plus graves.

Pour étayer cette position, le Tchad s’appuie sur des statistiques révélatrices. Sur les 125 États parties au Statut de Rome, 33 sont africains, mais la majorité des enquêtes ouvertes concernent des situations localisées sur le continent. À ce jour, sur les 13 enquêtes lancées, 9 visent des pays africains, tandis que seulement 4 concernent d’autres régions, avec des résultats jugés « peu concluants ».

Parmi les sept personnes actuellement détenues par la CPI, six font l’objet de poursuites dans des dossiers africains, contre une seule dans une situation extra-africaine. Cette disproportion, selon N’Djamena, « alimente une perception d’instrumentalisation politique » et renforce l’idée d’une justice internationale à deux vitesses.

Vers une justice africaine renforcée ?

Face à ce constat, le gouvernement tchadien appelle l’Union africaine et ses États membres à développer des mécanismes judiciaires continentaux plus robustes. L’objectif affiché est de promouvoir une justice « équitable, équilibrée et crédible », en parfaite adéquation avec la souveraineté des nations africaines.

Le Tchad réaffirme par ailleurs son engagement indéfectible dans la lutte contre l’impunité, estimant que les juridictions nationales et régionales disposent désormais des moyens nécessaires pour assumer cette mission avec efficacité.