Le Cameroun peut-il retrouver son système fédéral d’avant 1972 ?
Joseph Dion Ngute, Premier ministre camerounais, lors de l'ouverture du Dialogue national à Yaoundé en 2019

Un système fédéral au cœur des débats camerounais

Le Cameroun a connu une organisation fédérale entre 1961 et 1972, avant d’opter pour un régime unitaire. Aujourd’hui, la question d’un retour à ce modèle refait surface, portée par des revendications persistantes dans les régions anglophones. Plusieurs acteurs politiques et citoyens s’interrogent sur la faisabilité d’une telle réforme.

Les origines du fédéralisme camerounais

Le Cameroun a adopté un système fédéral en 1961, suite à la réunification des anciennes colonies britanniques et françaises. Ce modèle permettait aux deux entités, le Cameroun occidental (anglophone) et le Cameroun oriental (francophone), de conserver une certaine autonomie tout en formant un État unifié. Cependant, en 1972, un référendum a conduit à l’adoption d’une constitution unitaire, mettant fin à cette expérience fédérale.

Les tensions actuelles dans les régions anglophones

Les provinces anglophones du Cameroun, où la crise sécessionniste persiste, réclament depuis des années un retour à un système fédéral. Les revendications portent notamment sur une meilleure représentation politique et une plus grande autonomie administrative. Ces tensions ont été exacerbées par le Dialogue national de 2019, convoqué par le président Paul Biya pour tenter d’apaiser la situation.

Le Dialogue national de 2019 : un tournant manqué ?

Le Dialogue national de septembre 2019, présidé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, avait pour objectif d’engager des discussions sur la crise anglophone. Cependant, l’absence de participation de figures clés de la rébellion a réduit à néant les espoirs d’une avancée significative. Malgré cela, certaines propositions issues de ce dialogue pourraient relancer le débat sur le fédéralisme.

Les obstacles à un retour au fédéralisme

Plusieurs défis se dressent devant une éventuelle réforme vers le fédéralisme. D’abord, la crainte d’une fragmentation accrue du pays est un argument souvent avancé par les opposants à cette idée. Ensuite, la question de la répartition des ressources et du pouvoir entre les régions reste un point de tension majeur. Enfin, l’absence de consensus politique et social rend toute réforme difficile à mettre en œuvre.

Les perspectives d’avenir

Le débat sur le fédéralisme au Cameroun est loin d’être clos. Les revendications des régions anglophones, couplées à l’évolution des dynamiques politiques nationales, pourraient pousser les autorités à reconsidérer cette option. Cependant, une telle réforme nécessiterait un dialogue inclusif et une volonté politique forte pour surmonter les obstacles existants.