Libreville a été le théâtre d’une visite présidentielle historique, celle de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République démocratique du Congo, venu célébrer le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon aux côtés de Brice Clotaire Oligui Nguema. Au-delà des échanges protocolaires, cette rencontre a révélé une ambition commune : faire du partenariat entre les deux pays un levier de développement économique, de stabilité régionale et de solidarité africaine.
Trois accords bilatéraux, signés à l’issue des discussions, matérialisent cette volonté. Ils couvrent des domaines aussi variés que la justice, l’environnement, la santé, les mines, la transformation locale des ressources, la facilitation des déplacements diplomatiques et la mise en place de consultations politiques régulières. Une Commission mixte sera chargée de veiller à leur mise en œuvre.
Une relation historique à transformer en opportunités économiques
Les deux dirigeants ont souligné l’importance de réduire leur dépendance aux exportations de matières premières brutes. Kinshasa et Libreville misent sur la transformation locale des ressources naturelles pour créer des emplois, valoriser les savoir-faire africains et renforcer l’autonomie économique de leurs pays. Le Gabon a présenté ses avancées en matière de digitalisation, de promotion des femmes, d’emploi des jeunes et de valorisation des ressources naturelles, saluées par le président congolais.
Stabilité, sécurité et intégration régionale au cœur des échanges
La coopération entre le Gabon et la RDC ne se limite pas à l’économie. Les deux présidents ont également évoqué la lutte contre la criminalité transnationale, l’intégration régionale et la nécessité de garantir la paix et la stabilité pour assurer un développement durable. Leur convergence s’étend même au-delà des frontières nationales, notamment dans la protection du Bassin du Congo, un écosystème clé pour l’Afrique centrale et mondiale.
Autre sujet abordé : le financement climatique, avec une attention particulière portée à la taxe carbone. Une approche commune de Libreville et Kinshasa pourrait renforcer leur position lors des négociations internationales et valoriser leur engagement en faveur de l’environnement.
Gabon et RDC unis pour peser sur la scène internationale
La visite de Tshisekedi à Libreville a aussi été l’occasion pour le Gabon de solliciter le soutien de la RDC pour deux objectifs majeurs : sa candidature au Conseil de l’UIT lors de l’élection de Doha en novembre 2026, et sa candidature pour accueillir le Sommet de l’Union africaine en 2027. Une opportunité pour Libreville de retrouver une place centrale sur la scène continentale, près de 50 ans après son dernier sommet en 1977.
De la parole aux actes : trois accords pour une coopération durable
Les engagements pris lors de cette visite sont multiples. Le premier accord porte sur la coopération dans des secteurs clés comme la justice, l’environnement, la santé et les mines, avec un accent sur la transformation locale des ressources. Le deuxième prévoit l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Le troisième établit un mécanisme de consultations diplomatiques et politiques régulières entre les deux pays.
La réussite de ces accords dépendra de leur suivi concret. Les deux pays disposent désormais d’un cadre pour avancer, mais il faudra passer des signatures aux chantiers, des déclarations aux investissements, et des intentions aux emplois créés. La Commission mixte jouera un rôle clé dans cette dynamique.
La visite s’est conclue par un moment de recueillement à la cathédrale Sainte-Marie de Libreville, rappelant l’importance des liens historiques entre les deux peuples. Mais l’essentiel reste à venir : transformer cette proximité en une force collective, organisée, financée et concrètement bénéfique pour les populations gabonaises et congolaises.
L’Afrique ne peut plus se contenter de déclarer sa solidarité. Elle doit la structurer, la financer et en faire une réalité tangible. Entre Libreville et Kinshasa, l’heure est désormais aux actes.

