Politique

Fakaba sissoko critique le pouvoir malien à l’occasion de l’indépendance

Fakaba Sissoko exige des comptes sur le pouvoir au Mali lors de la fête de l’indépendance

Chaque 22 septembre, le Mali célèbre sa fête nationale et l’anniversaire de son indépendance. Cette année, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis plus de six ans sans élections, a marqué l’événement par un discours télévisé le 21 septembre. Il y a salué la situation économique du pays, réaffirmé son engagement à combattre les groupes armés terroristes et appelé à la réconciliation nationale.

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Assimi Goïta, arrivé au pouvoir par un coup d’État et soutenu par l’Africa Corps russe, a également évoqué la progression du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) vers une souveraineté renforcée.

L’opposition malienne en exil dénonce un bilan désastreux

Parmi les voix critiques, Etienne Fakaba Sissoko, porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) dirigée par l’imam Dicko, s’exprime depuis l’étranger. Cette coalition rassemble des opposants politiques et de la société civile malienne en exil, réduits au silence dans leur pays.

« On peut aimer profondément le Mali et soutenir nos militaires sans pour autant fermer les yeux sur les responsabilités de ceux qui ont accaparé le pouvoir », déclare-t-il dans un entretien exclusif. Selon lui, les attentes des Maliens sont claires : sécurité, emploi, accès à l’électricité, liberté et surtout, une perspective politique crédible.

Fakaba Sissoko regrette que le discours du général Goïta ait « associé la fête de l’indépendance au bilan de la transition ». Pour lui, le pays traverse une crise sans précédent : « Les Maliens veulent circuler librement, travailler pour nourrir leur famille, et vivre dignement. Aujourd’hui, cela relève de l’utopie. »

Un bilan militaire et politique contesté

L’opposant ne manque pas de critiquer la gestion du pays par la junte. « Dans son discours, Assimi Goïta a fait l’impasse sur le rôle de la Russie. Pourtant, les résultats sont là : des bases militaires attaquées, des soldats tués, comme à Dioura il y a quelques jours. Plus de cent militaires maliens ont péri, et des dizaines restent prisonniers. »

Il ajoute : « Le partenariat avec Moscou n’a pas tenu ses promesses. L’état de délabrement du Mali n’a jamais été aussi alarmant dans notre histoire. Aujourd’hui, je ne peux célébrer cette fête. Je la vis comme un jour de deuil. »

Une opposition en exil déterminée

Fakaba Sissoko, universitaire devenu figure de l’opposition, incarne cette résistance depuis l’étranger. La CFR, qu’il représente, symbolise la voix des Maliens en exil qui refusent de se taire face aux dérives du pouvoir. Leur objectif ? Rendre des comptes et rétablir une gouvernance transparente.

Alors que le régime mise sur sa stratégie sécuritaire et son alliance régionale, les défis restent immenses. Entre insécurité persistante, crise économique et tensions politiques, la fête de l’indépendance 2026 résonne comme un appel à l’action pour les voix sahéliennes.

À lire également : Les mouvements d’opposition en exil peuvent-ils menacer les dirigeants de l’AES ?

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