Disparitions forcées au Burkina Faso : deux défenseurs des droits humains portés disparus
Disparitions forcées au Burkina Faso : les défenseurs des droits humains Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus
APPEL URGENT
BFA 002 / 0525 / OBS 022
Disparitions forcées et enlèvements au Burkina Faso
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), lance un appel urgent concernant la situation dramatique au Burkina Faso.
Contexte des disparitions
Les défenseurs des droits humains Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, membres actifs du mouvement citoyen « Balai citoyen », ont été enlevés dans des circonstances troubles. Amadou Sawadogo, cadre du mouvement, a été convoqué le 20 mars 2025 par le service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou pour ses critiques en ligne sur Facebook. Interrogé sous pression, il a été contraint de révéler des informations sur d’autres militants, désormais en clandestinité. Disparu après une seconde convocation le 21 mars, aucune autorité n’a pu fournir d’explications sur sa localisation ou son état de santé.
Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du Balai citoyen, a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, à son retour d’une formation à Cotonou, au Bénin. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches de ses avocats auprès des institutions publiques, aucune information n’a été communiquée sur son sort ou sa localisation.
À ce jour, le sort des deux défenseurs reste inconnu, plongeant leurs familles et collègues dans une profonde détresse.
Une répression systématique
L’Observatoire rappelle que le Balai citoyen subit une répression croissante. Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement, a été arbitrairement arrêté le 24 janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, malgré les protections légales de l’UEMOA. Il est actuellement détenu pour des motifs contestés. D’autres militants comme Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enrôlés de force dans l’armée malgré une décision judiciaire suspendant leur réquisition, restent portés disparus ou au front.
La situation des journalistes est tout aussi alarmante. Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, membres de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), ainsi que Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, tous enlevés en 2024 et 2025, restent portés disparus. Ces actes s’inscrivent dans un contexte de musellement accru de la société civile et des médias, exacerbé par des décrets autorisant la réquisition forcée de toute personne âgée de plus de 18 ans.
Le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées a déjà exprimé ses préoccupations en mars 2024, qualifiant ces pratiques de « disparitions forcées » potentielles.
Actions urgentes requises
L’Observatoire exige des autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso :
- La protection immédiate d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains ;
- La révélation de leur localisation et leur libération inconditionnelle ;
- La fin immédiate des enlèvements ciblés et des disparitions forcées ;
- La cessation de tout harcèlement judiciaire contre les défenseurs et journalistes ;
- Le respect strict des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
Destinataires des demandes
- Capitaine Ibrahim Traore, Président de la Transition du Burkina Faso, Twitter : @CapitaineIb22
- SEM. Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre du Burkina Faso, Twitter : @J_E_Ouedraogo
- Me Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice, des Droits humains et des Relations avec les institutions, Garde des Sceaux, Email : [email protected]
- SEM Jean Marie Karamoko Traore, Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Email : [email protected], Twitter : @JeanMarieTraore
- Commission Nationale des droits humains du Burkina Faso, Email : [email protected], Twitter : @BurkinaCndhX
- S.E. Mme Sabine Bakyono Kanzie, Mission permanente du Burkina Faso auprès de l’ONU à Genève, Emails : [email protected] / [email protected]
- Monsieur M. Oumarou Ganou, Conseiller des affaires étrangères, Ambassadeur, Représentant permanent du Burkina Faso auprès de l’ONU à New York, Email : [email protected]
- Ambassade Mission Permanente du Burkina Faso auprès de l’Union Africaine à Addis-Abeba, Éthiopie, Emails : [email protected] / [email protected]
Nous vous invitons également à contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans vos pays respectifs.
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toute action entreprise en mentionnant le code BFA 002 / 0525 / OBS 022.
Pour contacter l’Observatoire :
• E-mail : [email protected]
• Tél. FIDH : +33 1 43 55 25 18
• Tél. OMCT : + 41 22 809 49 39
L’Observatoire, partenariat entre la FIDH et l’OMCT, protège les défenseurs des droits humains victimes de violations et leur porte assistance. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits humains.