Discours de Bassirou Diomaye Faye : la démocratie comme flambeau du Sénégal
Discours de Bassirou Diomaye Faye : la démocratie comme flambeau du Sénégal

Dans un climat politique tendu, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a livré un message fort lors des commémorations dédiées à l’ancien président Abdoulaye Wade. À l’occasion de cet hommage national célébrant le centenaire de l’icône politique, le chef de l’État a rappelé une vérité essentielle : la démocratie ne se conquiert pas comme un trophée pour être jalousement gardée, mais se transmet comme une flamme sacrée.
« Une querelle, aussi intense soit-elle, ne doit jamais justifier la fracture d’un pays que nous partageons », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal mérite mieux que les divisions stériles. « La démocratie n’est pas un butin que l’on arrache et que l’on conserve à l’abri des regards, mais une flamme que l’on se transmet de main en main, un héritage qu’il faut préserver à tout prix. »
Ces propos interviennent alors que les tensions entre le président Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, figure majeure du paysage politique sénégalais, atteignent leur paroxysme. Depuis le limogeage de ce dernier le 22 mai, les divergences entre les deux hommes, autrefois alliés, sont devenues irréconciliables.
Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, a lui-même évoqué une « situation de cohabitation » avec le président Faye. « Il ne détient pas tous les pouvoirs. Il doit redescendre de son piédestal et accepter le dialogue », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, illustrant l’ampleur des dissensions.
Un héritage politique pour l’unité nationale
Lors de son discours, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à Abdoulaye Wade, président du Sénégal de 2000 à 2012, en citant ses enseignements sur la gestion des conflits. « Vous nous avez appris qu’une querelle, même la plus vive, ne mérite pas de déchirer le pays qui nous unit. Vous nous avez montré que servir la jeunesse sénégalaise vaut bien plus que de l’instrumentaliser à des fins partisanes. »
À son arrivée au Grand Théâtre de Dakar, le président Faye a été accueilli par une ovation nourrie. Son discours, ponctué d’applaudissements chaleureux, a particulièrement résonné lorsqu’il a abordé, de manière voilée, les tensions politiques actuelles et sa rupture avec Ousmane Sonko.
Il a également rappelé une maxime chère à Abdoulaye Wade : « L’adversaire d’aujourd’hui n’est pas un ennemi. C’est un compatriote dont la vision diffère de la nôtre. Une fois le débat terminé, il faudra continuer à cohabiter pacifiquement sous le même toit sénégalais. On peut s’opposer sans se détruire. »
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a salué la capacité de l’ancien président à ne jamais perdre foi en son pays, même face à ceux qui sombrent dans l’amertume ou la haine. Un rappel poignant dans un contexte où les divisions menacent l’équilibre démocratique du Sénégal.