Deux jeunes hommes tués près de l’ortm à Bamako

Incident meurtrier dans la capitale malienne

Deux jeunes individus ont été abattus par des militaires aux abords de l’ORTM, le siège de la radio-télévision publique malienne, ce matin à Bamako. L’affrontement s’est produit vers 5h30, alors que les deux hommes circulaient à moto dans un secteur hautement sécurisé de la ville. Ce quartier abrite également un hôtel de renom et des infrastructures sensibles, renforçant ainsi le niveau de vigilance des forces de l’ordre.

Selon les autorités militaires, les deux jeunes auraient tenté de forcer les barrages de sécurité entourant l’ORTM. Cependant, des témoignages recueillis sur place suggèrent une autre version : les victimes seraient en réalité des travailleurs saisonniers se rendant sur leur lieu d’emploi. Une confusion difficile à élucider dans un contexte où les check-points se multiplient.

Des règles strictes appliquées sous tension

Les vérifications autour de l’ORTM ont été renforcées depuis plusieurs semaines, notamment après les attaques simultanées menées par le Jnim dans sept localités du pays, dont Bamako. Les barrages, érigés pour contrer les menaces terroristes, sont désormais incontournables pour quiconque souhaite circuler dans ce secteur stratégique.

Les militaires en poste affirment avoir tiré en l’air à deux reprises pour sommer les deux hommes de s’arrêter. Ceux-ci auraient ignoré ces avertissements après avoir forcé le premier point de contrôle. Les tirs auraient ensuite visé directement les deux individus, entraînant leur décès. Une procédure qui soulève des interrogations parmi la population.

Des réactions contrastées face à l’usage des armes

Si certains Bamakois justifient l’intervention des militaires par l’obligation de maintenir l’ordre, d’autres expriment leur scepticisme. Une conductrice, sollicitée de manière anonyme, estime que les jeunes hommes auraient dû respecter les consignes en vigueur : « À cette période, personne ne peut franchir cette zone sans autorisation. Les alertes sont fréquentes, et il est impératif de s’arrêter pour éviter tout incident. Les soldats ont agi dans le cadre de leurs missions. »

Seyba, un autre habitant de la capitale, partage un avis différent. Pour lui, les militaires auraient pu neutraliser les deux individus sans recourir à une issue fatale : « Pourquoi ne pas avoir ciblé la moto ou les blesser aux jambes pour les intercepter ? Maintenant, impossible de connaître leurs intentions réelles. Même s’ils étaient suspectés, leur mort nous prive de toute explication. »

Les proches des victimes, interrogés sur place, confirment que les deux jeunes étaient des travailleurs temporaires se dirigeant vers leur chantier. Leur méconnaissance des nouvelles restrictions en vigueur expliquerait leur comportement.

Sécurité renforcée dans la capitale

Depuis cet incident, les mesures de sécurité autour de l’ORTM, des camps militaires et de l’aéroport international de Bamako-Senou ont été intensifiées. L’accès à ces zones est désormais strictement réservé aux personnes munies d’une autorisation, tandis que les patrouilles se multiplient pour dissuader toute intrusion suspecte.