Cajou en Côte d’Ivoire : un financement historique pour booster la transformation locale

cajou en Côte d’Ivoire : un financement historique pour booster la transformation locale
Une convention historique a été signée en juin 2026 entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs locaux, marquant un tournant pour la filière cajou en Côte d’Ivoire. Ce partenariat inédit, salué par le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), vise à renforcer l’autonomie industrielle du pays et à dynamiser son économie.
Un dispositif innovant pour soutenir les acteurs locaux
Avec plus de 100 000 tonnes de noix brutes transformées annuellement, les membres du GTCI ont investi massivement dans la construction d’usines locales. Pourtant, ces opérateurs faisaient face à des défis majeurs : l’accès aux financements pour l’achat de noix brutes, la variabilité des rendements de transformation et la nécessité de couvrir leurs besoins sur toute une année en quelques semaines de campagne.
La convention tripartite signée en juin 2026 répond directement à ces enjeux. Elle garantit aux transformateurs un approvisionnement sécurisé en noix brutes tout en leur offrant un accès à des lignes de crédit adaptées. Une avancée saluée par Denis Kouadio, président du GTCI, qui a adressé ses remerciements aux autorités ivoiriennes, à la BNI et au CCA pour leur rôle clé dans ce projet.
Comment fonctionne ce mécanisme de financement ?
Le dispositif repose sur deux piliers complémentaires :
- Le CCA assure dès le début de la saison la fourniture de 20 % des noix brutes nécessaires aux transformateurs nationaux.
- La BNI prend en charge le financement des 80 % restants, ainsi que les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et l’exportation.
Cette répartition permet aux usines de fonctionner sans interruption et de planifier leur production sur le long terme, tout en réduisant les risques financiers liés aux fluctuations du marché.
Un élan collectif pour une filière plus compétitive
Plusieurs personnalités publiques ont joué un rôle central dans la mise en place de ce mécanisme. Parmi elles, le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur engagement a permis de concrétiser ce projet ambitieux, destiné à soutenir la croissance des champions nationaux de la transformation du cajou.
Ce succès ouvre également des perspectives pour d’autres filières, comme le cacao. Des discussions sont en cours pour adapter ce modèle de financement aux besoins des transformateurs locaux de cette industrie stratégique.
La Côte d’Ivoire, leader mondial de la production de cajou
Avec une production annuelle d’environ 1,5 million de tonnes de noix brutes, la Côte d’Ivoire confirme sa place de premier producteur mondial. Le pays dispose aujourd’hui de 37 usines de transformation, totalisant une capacité de plus de 830 000 tonnes. Grâce à un taux de transformation locale de 43 %, elle se classe deuxième exportateur mondial d’amandes de cajou et troisième transformateur mondial.
Après avoir dominé le marché de la production brute, la Côte d’Ivoire se fixe désormais un nouvel objectif : accélérer la transformation locale. Cette stratégie vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur son sol, à renforcer son industrie et à générer davantage d’emplois pour sa population. Une démarche qui s’inscrit dans une vision de développement économique durable et inclusif.