Bassirou diomaye faye et ousmane sonko : la réforme électorale qui change la donne pour 2029

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko : la réforme électorale qui change la donne pour 2029

Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment promulgué une loi électorale majeure au Sénégal, modifiant profondément le paysage politique à l’approche de la présidentielle de 2029. Ce texte, signé par décret présidentiel, pourrait bien ouvrir la voie à une candidature du Premier ministre Ousmane Sonko, malgré les tensions croissantes au sein du Pastef. Une décision qui divise déjà l’opinion et relance les débats sur l’avenir politique du pays.

Le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko au palais présidentiel

Cette réforme du code électoral, adoptée en deux temps par l’Assemblée nationale, suscite de vives réactions. Initialement, le texte avait été validé le 28 avril, mais le chef de l’État avait exigé une seconde lecture, invoquant des « erreurs matérielles ». Une demande qui avait semé le trouble au sein du Pastef, certains y voyant une manœuvre pour retarder ou bloquer l’adoption définitive. Un scénario qui a alimenté les spéculations sur les ambitions présidentielles de Bassirou Diomaye Faye, malgré son alliance avec Ousmane Sonko.

Une réforme aux conséquences politiques majeures

La nouvelle loi électorale, désormais promulguée, introduit des modifications cruciales dans les conditions d’éligibilité. Parmi les changements les plus notables :

  • Réaménagement des règles de déchéance civique : la durée de cette sanction est désormais limitée à cinq ans après l’expiration de la peine, contre une application plus longue auparavant.
  • Application rétroactive du texte : un point particulièrement controversé, qui pourrait concerner directement Ousmane Sonko, dont la condamnation pour diffamation en 2023 avait déjà été confirmée en appel.
  • Harmonisation des procédures : la loi clarifie les modalités de réintégration des droits civiques, offrant une seconde chance aux personnes condamnées.

Ces ajustements législatifs surviennent dans un contexte où Ousmane Sonko, privé de ses droits civiques en 2024, avait dû céder sa place de candidat à Bassirou Diomaye Faye. Depuis, il a retrouvé un rôle central en tant que Premier ministre, tout en maintenant son influence politique au sein du Pastef. Sa condamnation initiale, liée à une plainte déposée par un ancien ministre sous l’ère Macky Sall, avait déjà été un sujet de vifs débats.

Tensions internes et incertitudes politiques

Les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se tendent de plus en plus. Certains membres du parti accusent le président de vouloir contrôler l’adoption de cette réforme, tandis que d’autres y voient une opportunité pour son Premier ministre. La promulgation définitive du texte, intervenue le 9 mai, marque un tournant, mais laisse planer des doutes sur l’unité du mouvement politique.

Alors que Ousmane Sonko a été élu député en novembre 2024 avant de renoncer à son siège pour conserver ses fonctions gouvernementales, la question de son éligibilité pour 2029 reste au cœur des discussions. La Cour suprême avait déjà rejeté un recours en juillet 2025, relançant les interrogations sur son avenir politique. Avec cette réforme, les cartes pourraient être redistribuées, bouleversant les stratégies des deux figures du Pastef.

Une chose est certaine : cette loi électorale va redéfinir les équilibres politiques au Sénégal pour les années à venir. Entre ambitions personnelles, alliances fragiles et enjeux juridiques, la présidentielle de 2029 s’annonce déjà sous haute tension.