Avocats marocains mobilisés contre une loi controversée à rabât
Les robes noires du Maroc en grève permanente devant le Parlement
Depuis plusieurs jours, les avocats marocains, reconnaissables à leurs brassards rouges, maintiennent une mobilisation sans précédent devant le siège du Parlement à Rabat. Leur détermination reste intacte, malgré les jours passés sous les banderoles. Ils dénoncent un projet de loi qu’ils considèrent comme une menace directe à leur indépendance professionnelle et exigent son retrait immédiat.
Une profession en résistance face à un texte controversé
Les représentants de l’ordre des avocats, réunis en nombre, pointent du doigt les dispositions jugées liberticides du projet de loi. Parmi les griefs principaux : l’ingérence accrue du ministère de la Justice dans leurs affaires disciplinaires, ainsi que le transfert des prérogatives de formation des futurs avocats sous contrôle ministériel. Autre point de friction : l’abaissement de l’âge minimal pour se présenter au concours d’accès à la profession, une mesure perçue comme une démarche dévalorisante.
Des avertissements répétés aux parlementaires
Lors d’un rassemblement précédent, les leaders de la profession avaient clairement signifié que « la lutte ne fait que commencer », promettant d’intensifier leur action si le texte n’était pas ajourné. Aziz Rouibah, bâtonnier de Rabat, a réitéré cette fermeté en qualifiant la situation de « menace existentielle pour la profession ». Il a dénoncé une « offensive législative féroce », visant selon lui à « symboliser la mort de l’avocature au Maroc ».
Un appel à l’unité et à l’intérêt général
Me Mounir Belghiti, membre influent du Conseil de l’Ordre, a souligné que cette mobilisation s’inscrit dans une crise de confiance entre les pouvoirs publics et la profession. Pour lui, le texte en discussion doit incarner « l’avenir du Maroc », et non être dicté par des « considérations personnelles ou partisanes ». Il a mis en garde : « Sans consensus, sans législation équilibrée, c’est un pilier de la démocratie qui s’effrite ».
Des conséquences immédiates pour la justice marocaine
La grève illimitée perturbe profondément le fonctionnement des tribunaux. Les audiences sont reportées en masse, plongeant les justiciables dans une incertitude juridique. Les détenus en attente de jugement, notamment ceux placés en détention préventive, subissent les retards les plus critiques, avec des procédures bloquées depuis près de trente jours.
Un calendrier législatif sous haute tension
Les débats autour du projet de loi se poursuivent cette semaine à la Chambre des conseillers. Si des amendements sont adoptés, le texte sera renvoyé à la Commission de la justice de la Chambre des représentants pour une nouvelle lecture. L’Association des barreaux du Maroc, qui fédère tous les ordres du Royaume, reste en alerte maximale, prête à prolonger son action jusqu’à satisfaction.
La mobilisation actuelle illustre la volonté farouche des avocats marocains de défendre leur indépendance, leur éthique et les valeurs fondamentales de leur métier.