Mali : le cri d’alarme d’Issouf Ag Maha face à la descente aux enfers du pays
Le Mali au bord du gouffre : quand les promesses de Bamako s’effondrent dans le Nord
Bamako / Anefif – Entre les discours triomphalistes d’une junte déterminée à afficher une souveraineté de façade et la réalité implacable du terrain, le Mali s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise multidimensionnelle. Les victoires militaires promises par les autorités se heurtent à des revers cuisants, tandis que l’alliance controversée avec les mercenaires russes alourdit le fardeau humanitaire. Dans ce contexte explosif, l’écrivain nigérien Issouf Ag MAHA, en exil, livre une analyse sans concession de la situation, dénonçant une addiction au pouvoir qui étouffe toute perspective de paix.
Une junte enivrée par le pouvoir : l’échec cuisant des Accords d’Alger
Depuis le coup d’État d’août 2020, les militaires au pouvoir avaient juré de rétablir l’ordre et l’intégrité territoriale du Mali. Pourtant, six ans plus tard, le bilan est accablant. En janvier 2024, la rupture unilatérale des Accords d’Alger a scellé la fin de tout espoir de dialogue avec les mouvements armés du Nord, relançant une guerre que Bamako prétendait avoir maîtrisée. Selon Issouf Ag MAHA, la junte, obnubilée par sa survie politique, a sacrifié toute ambition de gouvernance durable sur l’autel d’un pouvoir de plus en plus autocratique.
Les libertés publiques ? Étouffées. La presse ? Muselée. Les opposants ? Réprimés sans pitié. Alors que le régime verrouille la capitale dans une logique de contrôle à court terme, son autorité s’érode inexorablement en périphérie, où les groupes armés gagnent du terrain chaque semaine.
Anefif et Kidal : quand les faits démentent la propagande officielle
Le 4 juillet 2026, les combats ont repris de plus belle autour d’Anefif, dans le nord-est du pays. Les Forces armées maliennes (FAMa), soutenues par des supplétifs russes, y sont encerclées. Un convoi de renforts parti de Gao a été pris dans une embuscade dévastatrice, subissant des pertes humaines et matérielles considérables. Ce revers s’ajoute à une série d’échecs militaires qui ont profondément ébranlé la crédibilité de Bamako.
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a enchaîné les succès, reprenant notamment Kidal aux forces gouvernementales. Pourtant, malgré ces avancées, le mouvement a surpris en autorisant le retrait partiel des troupes maliennes et russes, une décision interprétée par Ag MAHA comme un choix stratégique pour se démarquer de la brutalité des méthodes gouvernementales et prouver sa légitimité sur le plan du droit international.
L’Africa Corps : quand la lutte antiterroriste devient un cauchemar pour les civils
Le rapprochement du Mali avec la Russie s’est matérialisé par l’arrivée des combattants de l’Africa Corps, anciennement connus sous le nom de Wagner. Si cette alliance permet à Bamako de s’affranchir des contraintes démocratiques imposées par l’Occident, elle plonge les populations du Nord dans un véritable enfer. Les exactions se multiplient à un rythme alarmant :
- Arrestations arbitraires et disparitions forcées de civils.
- Exécutions sommaires ciblant des communautés entières.
- Stratégie de terreur systématique visant à briser toute résistance locale.
Face à cette spirale de violence, le régime de Bamako persiste dans un déni collectif, refusant d’admettre l’ampleur des crimes commis. Pour Issouf Ag MAHA, cette politique de l’autruche aggrave encore les fractures internes et menace l’avenir même du Mali en tant que nation unie.
Un silence international assourdissant : le Mali abandonné à son sort
Le drame malien se joue aujourd’hui dans l’indifférence quasi générale. La communauté internationale, les organisations régionales et les médias semblent avoir détourné le regard, comme si le pays n’était plus qu’un sujet secondaire dans un monde submergé par les crises. Ag MAHA s’interroge : faut-il attendre une victoire militaire totale pour agir, ou le Mali a-t-il définitivement perdu l’attention qu’il méritait ?
Pour l’analyste, le pays approche d’un point de non-retour. En privilégiant une logique de domination militaire au détriment des valeurs républicaines de justice, d’égalité et de gestion de la diversité, la junte risque de précipiter le Mali vers une implosion définitive, bien loin de la refondation promise.