Au Sénégal, l’homosexualité devient un crime passible de prison et pousse à l’exil

au Sénégal, l’homosexualité devient un crime passible de prison et pousse à l’exil

Enquête Depuis le doublement des peines pour relations homosexuelles en mars dernier, les appels au secours se multiplient. Des associations comme Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge unissent leurs efforts pour venir en aide aux personnes en détresse.

Rédigé par notre équipe

Au Sénégal, l'homosexualité, bien que rejetée socialement, bénéficiait autrefois d'une tolérance relative des autorités.

Chérif* a quitté le Sénégal au début du mois de juin, avec une seule issue en tête : fuir. « Ils allaient m’arrêter », confie-t-il, encore marqué par des semaines de terreur. L’arrestation d’un proche, présenté comme un proche d’Ousmane Sonko, a tout déclenché. Ce dernier, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, a porté le projet de loi durcissant les peines pour homosexualité, passant de cinq à dix ans de prison. Dès l’annonce, Chérif a craint pour sa sécurité. « Mon ami a été arrêté, la police a fouillé son téléphone et y a trouvé des messages entre nous. J’ai tout effacé par précaution. »

Depuis l’adoption de cette loi en mars, l’atmosphère au Sénégal est devenue étouffante. Dans les rues, les familles et les médias, les discours de haine se déchaînent sans retenue. « Ils corrompent la jeunesse, ils sapent les valeurs de la société… », entend-on partout. Les associations de défense des droits LGBTQ+ alertent sur une vague de paranoïa généralisée.