Au Niger, la faim et la précarité s’installent durablement

Le crépuscule enveloppe les quartiers périphériques de Zinder, dans le sud-est du Niger. Rabiatou, une femme de 29 ans, rassemble son modeste étal. Sur sa tête, son stock de vêtements d’occasion, elle prend le chemin du retour. La journée n’a été fructueuse qu’avec la vente d’une seule pièce, rapportant 1 000 F CFA, dont la moitié a été absorbée par les frais de transport. Arrivée chez elle, son bébé, bercé sur son dos, gazouille à la vue de ses trois

Des soldats près camp militaire d’Inatès, dans la région de Tillabéri au Niger en 2019 (archives).

Cette scène de la vie quotidienne à Zinder est emblématique d’une réalité bien plus vaste : le Niger est actuellement confronté à la crise économique et sécuritaire la plus grave de son histoire récente. Pris en étau entre la menace constante des groupes armés et un isolement diplomatique croissant imposé par la junte dirigée par Abdourahamane Tiani, le pays tout entier lutte pour sa survie. Dans les régions tenues par les jihadistes, comme celles évoquées dans les reportages, la survie devient un acte de résistance quotidien. La situation actuelle représente un défi économique sans précédent pour toute une génération de Nigériens, où même les petites transactions quotidiennes révèlent l’ampleur des difficultés financières et la faim persistante.