Violences à nantes : le président d’un club de supporters dénonce les débordements

Le match entre Nantes et Toulouse en Ligue 1 a tourné au cauchemar ce dimanche 17 mai. Après des incidents graves, le préfet a été contraint d’interrompre définitivement la rencontre. Roland Menu, président du club de supporters « Allez Nantes Canaris », exprime son indignation face à ces actes qui n’ont plus rien à voir avec l’esprit sportif.

Envahissement de pelouse, jets de projectiles, fumigènes allumés sur la pelouse, agressions… Les images du dernier match du FC Nantes sont choquantes. Roland Menu, supporter historique du club depuis six décennies, s’insurge contre ces débordements qui vont entraîner des sanctions lourdes pour l’équipe.

Partagez-vous les termes employés par le coach Vahid Halilhodžić et d’autres supporters sur les réseaux sociaux, qualifiant ces actes de « honte » et de « lâches » ?

C’est une honte, oui, et ce sont des lâches. J’ai été profondément choqué en voyant ce qui s’est passé hier soir. Même si les supporters nantais sont mécontents de la situation du club, envahir la pelouse, c’est inacceptable. Nous savons très bien ce que cela implique en termes de conséquences pour le FC Nantes.

Vous vous attendiez à des tensions, mais pas à une telle escalade ?

On avait entendu parler de possibles manifestations, mais plutôt en fin de match. Personne ne s’attendait à une telle violence en cours de rencontre, avec une telle intensité et une telle ampleur.

La réaction du coach est-elle justifiée selon vous ?

Absolument. Le coach voulait que le match reprenne, que les supporters retournent dans les tribunes pour permettre à la partie de continuer. C’est tout à fait normal de sa part. D’autant que c’était son dernier match à la tête du FC Nantes, c’est une situation incroyable.

Quelles sanctions redoutez-vous le plus ?

Les matchs à huis clos, d’abord. Cela signifierait peut-être deux ou trois matchs sans nos supporters dans les gradins dès le mois d’août prochain. Ensuite, j’espère qu’il n’y aura pas de retrait de points, car commencer la saison avec un handicap de points serait très compliqué.

Cela rappelle ce qui s’est passé à Saint-Étienne il y a quatre ans après un envahissement de terrain. Quant à la dissolution de la Brigade Loire, demandée par le Rassemblement national et réclamée précédemment par un ancien ministre de l’Intérieur, est-ce une solution adaptée ?

La Brigade Loire n’est pas un club de supporters, c’est un groupe de personnes. Ils animent les stades, c’est vrai, mais ce qui s’est passé hier n’a rien à voir avec l’esprit du supporterisme. Ce n’est pas comme cela que l’on soutient son équipe.

Pour vous, ces individus ne sont donc pas des supporters ?

Non, à nos yeux, ce n’en sont pas. Le supporterisme, c’est encourager son équipe dans les bons comme dans les mauvais moments, pas nuire à son club.

Même en cas de relégation en Ligue 2, resterez-vous aux côtés du FC Nantes ?

Sans hésiter. Le FC Nantes, c’est notre club, nous l’avons toujours soutenu à travers les hauts et les bas, malgré les dirigeants plus ou moins bons. Ce qui compte, c’est le maillot nantais.