L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été le théâtre d’un incident diplomatique notable, alors que la délégation américaine a quitté une réunion du Conseil de sécurité. Ce départ, rare, faisait suite à des critiques virulentes de la France concernant un vote récent sur les droits humains. Parallèlement, la Roumanie a pris des mesures fermes face aux incursions de drones russes, tandis que l’Arabie saoudite a rapporté une attaque de drones depuis l’Irak. En Afrique, le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), invoquant un déséquilibre dans les enquêtes de l’institution.
Tensions franco-américaines à l’ONU : un départ remarqué du Conseil de sécurité
Une atmosphère tendue a régné au Conseil de sécurité de l’ONU lorsque la délégation des États-Unis a choisi de quitter la salle. Cette action était une protestation directe contre les déclarations de l’ambassadeur français, qui avait qualifié d’« hypocrites » les commentaires américains. La France avait précédemment comparé Washington à des nations comme la Corée du Nord, le Nicaragua, le Mali et la Russie, après le vote des États-Unis contre le renouvellement du mandat du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. La mission française auprès des Nations unies à Genève avait alors affirmé que les États-Unis, autrefois un modèle en matière de droits humains, se retrouvaient désormais isolés et ignorés par la communauté internationale. Un tel départ d’une séance du Conseil de sécurité est un événement peu commun, et des sources proches du dossier ont exprimé la surprise de la délégation américaine face à cette « attaque publique frontale » de la part de la France.
La Roumanie expulse un diplomate russe après des incursions de drones
Bucarest a réagi fermement aux multiples incursions de drones sur son territoire. Le ministère roumain des Affaires étrangères a informé l’ambassadeur de Russie, Vladimir Lipaev, de la décision de déclarer un membre de son ambassade « indésirable », lui accordant cinq jours pour quitter le pays. Cette mesure intervient après l’interception de fragments d’un drone de type Shahed, similaire à ceux utilisés par l’armée russe en Ukraine, abattu par un chasseur F-16 roumain. La Roumanie a rapporté avoir intercepté trois drones en l’espace de trois jours la semaine dernière, avec une nouvelle incursion signalée récemment. Le ministère russe des Affaires étrangères a catégoriquement rejeté ces accusations, les qualifiant de « nouvelle mise en scène propagandiste », et a promis que cette expulsion « sans fondement » ne resterait pas sans réponse.
L’Arabie saoudite cible d’attaques de drones venues d’Irak
Au Moyen-Orient, le ministère de la Défense saoudien a rapporté que « des milices terroristes soutenues par l’Iran » avaient ciblé le royaume avec des drones lancés depuis l’Irak. Aucune revendication officielle n’a été émise pour cette attaque. Parallèlement, les rebelles houthistes pro-iraniens du Yémen ont affirmé avoir visé des infrastructures pétrolières saoudiennes, une information que Riyad n’a pas confirmée. Ces événements surviennent alors que les hostilités ont repris entre l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, et les houthistes, après une trêve de quatre ans. Les rebelles yéménites ont également menacé de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour les navires à destination ou en provenance de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut. Des analystes estiment que les houthistes agissent pour soutenir leur allié iranien et pour contraindre Riyad et la communauté internationale à faire des concessions politiques concernant le Yémen, soulevant de réelles inquiétudes quant à une intensification du conflit dans ce pays.
Le Tchad se retire de la Cour pénale internationale
N’Djamena a officialisé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), justifiant cette décision par une concentration excessive de la Cour sur les pays africains. Le gouvernement tchadien a souligné que sur les 13 enquêtes ouvertes par la CPI depuis sa création, neuf « concernent des États africains, contre quatre ouvertes dans d’autres régions du monde ». Cette décision semble avoir été encouragée par les États-Unis. Des informations indiquent que Frank Garcia, sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, a exhorté le Tchad à reconsidérer son adhésion à la CPI lors d’un échange téléphonique avec le chef de la diplomatie tchadienne. Washington a lancé une vaste offensive diplomatique contre la CPI, qu’il considère comme une « menace » pour les Américains, promettant de nouvelles sanctions et appelant ses partenaires à se retirer de cette institution.