Ultimatum politique en rdc : la C64 ajourne sa marche et menace d’agir avant le 15 août
ultimatum politique en rdc : la C64 ajourne sa marche et menace d’agir avant le 15 août
- Politique
La Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a annoncé le report de sa marche prévue le 22 juillet à Kinshasa. Dans un communiqué signé par ses cinq leaders, la coalition fixe un ultimatum au pouvoir en place jusqu’au 15 août pour lancer un dialogue national inclusif. Sans quoi, elle menace de relancer les actions citoyennes.
La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a pris une décision majeure aujourd’hui à Kinshasa. Dans un communiqué officiel, elle annonce le report de sa marche pacifique initialement prévue ce mercredi 22 juillet devant le Palais de la Nation. Cette marche visait à exiger le départ du Président Félix Tshisekedi.
Le texte, signé par les cinq figures de proue de la coalition — Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol) — précise que cette décision intervient après l’appel lancé par la CENCO et l’ECC, représentées par le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend André Bokundoa. Ces derniers avaient invité la C64 à accorder une chance au dialogue national.
La C64 salue l’annonce faite par la Présidence de la République, confirmant la volonté du Chef de l’État d’organiser un dialogue inclusif, apaisé et républicain, dans le strict respect des institutions et de la Constitution. Pour la coalition, ce report constitue un geste de responsabilité politique, sans pour autant renoncer à ses revendications ni affaiblir sa détermination.
Des conditions strictes posées au pouvoir
La C64 réaffirme son opposition farouche à toute modification de la Constitution. Elle rappelle que selon les articles 70 et 220, aucun dirigeant ne peut prétendre à plus de deux mandats consécutifs. Le communiqué insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif pour traiter les crises profondes du pays : l’insécurité persistante dans l’Est, la gouvernance défaillante, les défis économiques et sociaux, ainsi que les réformes indispensables à la réunification du territoire et à la consolidation de la paix.
La coalition exige également des mesures de confiance et de décrispation pour rassurer l’ensemble des acteurs politiques et sociaux. Elle met en garde le régime contre toute velléité de provocation, notamment la poursuite des projets de réforme constitutionnelle ou la promulgation d’une loi sur le référendum.
Un ultimatum jusqu’au 15 août
La C64 fixe un délai précis : si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué d’ici le 15 août 2026, ou si les engagements pris restent lettre morte, elle se réserve le droit de prendre toutes les mesures politiques nécessaires. Cela pourrait inclure le recours à des actions citoyennes pacifiques mobilisant la population congolaise, tant sur le territoire national que dans la diaspora.
En attendant, la coalition maintient ses structures en état de mobilisation et d’alerte maximale, prête à réagir à toute évolution de la situation.
Cette décision marque un tournant dans les tensions politiques actuelles en République Démocratique du Congo, alors que le pays fait face à des défis multidimensionnels. La capacité du pouvoir à répondre aux exigences de la C64 pourrait déterminer l’évolution de la stabilité institutionnelle dans les semaines à venir.