Tension politique à Dakar : qui dirige vraiment le Sénégal entre diomaye faye et ousmane sonko ?

Après seulement deux années de collaboration, le duo présidentiel du Sénégal montre des signes de fracture profonde. Bassirou Diomaye Faye, chef de l’État, a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko à la Primature. Désormais président de l’Assemblée nationale et leader incontesté du Pastef, principal parti au Parlement, Sonko reste en dehors du gouvernement. Quels sont les rouages de cette rupture ? Une cohabitation tendue est-elle encore envisageable ? Ces divisions politiques pourraient-elles reléguer au second plan les enjeux cruciaux pour les citoyens sénégalais ?

Ousmane Sonko (à gauche), ancien Premier ministre, et Bassirou Diomaye Faye (à droite), président de la République, lors d'une réunion au palais présidentiel de Dakar en octobre 2025.

Intervenants clés lors de l’analyse

  • Abdoulaye Tine, conseiller ministériel et porte-parole officiel de la Présidence.
  • Amadou Ba, ancien ministre de la Culture, député et responsable de la communication au sein du Pastef.
  • Babacar Ndiaye, expert en politique et directeur du think tank Wathi.

Décryptage d’une alliance brisée

L’histoire récente du Sénégal s’écrit avec des traits de rupture. Le tandem Diomaye Faye – Ousmane Sonko, autrefois présenté comme une force unie, a volé en éclats après seulement vingt-quatre mois d’exercice conjoint. Le président a retiré à Sonko sa fonction de Premier ministre, une décision qui marque un tournant dans la gouvernance du pays. Désormais, Sonko siège à la tête de l’Assemblée nationale, où son parti, le Pastef, détient la majorité absolue. Pourtant, il reste absent des cercles décisionnels du gouvernement. Cette situation soulève des questions essentielles : comment en sommes-nous arrivés là ? Les tensions actuelles entre les deux hommes peuvent-elles déboucher sur une coexistence pacifique, ou bien annoncent-elles une période de blocages institutionnels ?

Les enjeux d’une cohabitation incertaine

Au-delà des querelles personnelles, c’est l’avenir des priorités nationales qui se joue. Le Sénégal fait face à des défis majeurs : stabilité économique, sécurité alimentaire, accès à l’éducation et souveraineté énergétique. Face à ces urgences, une cohabitation conflictuelle entre le chef de l’État et le président de l’Assemblée pourrait paralyser l’action publique. Les citoyens sénégalais ont-ils les moyens de faire entendre leur voix dans ce contexte ? Les institutions parviendront-elles à préserver l’intérêt général malgré les divisions ?

Perspectives pour le pays

L’équilibre politique du Sénégal se trouve à un carrefour. Si la rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko se confirme, le pays devra naviguer entre gouvernance partagée et opposition frontale. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si le dialogue peut l’emporter sur les confrontations, ou si les tensions institutionnelles vont s’aggraver. Une chose est sûre : la stabilité du Sénégal dépendra de la capacité de ses dirigeants à dépasser leurs divergences au service de l’ensemble de la nation.