Tchad : le congrès du parlement s’attaque aux défis sécuritaires et institutionnels
Le Congrès tchadien entame sa session ordinaire sous le signe de l’unité et de la sécurité
C’est dans une ambiance solennelle que le président du Congrès du Parlement tchadien, Ali Kolotou Tchaïmi, a lancé ce mercredi 20 mai 2026 les travaux de la session ordinaire à N’Djamena. Son discours, empreint d’émotion et de gravité, a résonné comme un appel à la cohésion nationale face aux défis sécuritaires et aux réformes institutionnelles en cours.
Dès les premiers mots de son allocution, le président du Congrès a rendu un vibrant hommage aux militaires tchadiens tombés sous les balles de Boko Haram dans la province du Lac. « Ces sacrifices héroïques rappellent à tous notre devoir de protéger notre pays et nos concitoyens », a-t-il déclaré, soulignant la détermination des Forces de défense et de sécurité à préserver l’intégrité territoriale du Tchad.
Le président a également rendu hommage à la députée Haoua Outman Djame, disparue le 26 mars 2026, dont le parcours parlementaire a marqué l’histoire par son engagement sans faille en faveur des valeurs républicaines. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des violences terroristes et des tensions intercommunautaires qui secouent le pays.
Deux dossiers majeurs au cœur des débats parlementaires
Cette session ordinaire s’annonce particulièrement intense, avec deux priorités législatives majeures :
- La modernisation du règlement intérieur du Congrès pour l’aligner sur les nouvelles dispositions de la Constitution révisée du 17 décembre 2023. Une réforme indispensable pour renforcer l’efficacité des institutions et clarifier les rôles de chacun.
- L’examen de la demande de prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac, instauré par décret gouvernemental le 7 mai 2026 pour une durée initiale de 21 jours. Le gouvernement sollicite désormais une extension de 45 jours pour poursuivre les opérations de sécurisation et protéger les populations locales.
Un rayonnement diplomatique renforcé pour le Parlement tchadien
Ali Kolotou Tchaïmi a également mis en avant les avancées diplomatiques du Tchad sur la scène continentale. Il a salué la nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour au poste de vice-présidente de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que l’élection du député Djidda Mamar Mahamat comme troisième vice-président du Parlement panafricain. Ces distinctions témoignent de l’influence croissante du Tchad dans les instances africaines.
Le président du Congrès a vivement réagi aux accusations portées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Qualifiant ces allégations de « déformées et infondées », il a réaffirmé le soutien indéfectible du Parlement au président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi qu’aux forces engagées dans la lutte antiterroriste.
Un appel au dialogue pour apaiser les tensions intercommunautaires
Alors que des violences intercommunautaires ont récemment éclaté dans le département du Dar Tama, dans la province du Wadi Fira, Ali Kolotou Tchaïmi a lancé un appel solennel à la réconciliation et au vivre-ensemble. « La paix ne peut être préservée que par le dialogue et la tolérance », a-t-il insisté, rappelant que la stabilité du Tchad dépend de la capacité de ses dirigeants à surmonter les divisions.
En conclusion, le président du Congrès a rappelé la responsabilité historique des parlementaires dans la construction d’un Tchad uni, stable et prospère. La session ordinaire a ensuite été officiellement déclarée ouverte, marquant le début d’une période de travail intense et déterminée.