Suivi de l’action publique en RDC : Ebuteli dévoile Landila, le baromètre citoyen

En République démocratique du Congo, l’institut de recherche Ebuteli a lancé le 9 juillet Landila, le premier baromètre congolais dédié à l’évaluation de l’action gouvernementale. Cet outil novateur a été conçu pour offrir aux citoyens la possibilité de suivre de près les engagements de l’exécutif, d’en mesurer la concrétisation et d’apprécier l’impact des politiques publiques.

Accessible et interactif, Landila vise à simplifier l’accès des citoyens à l’information publique, renforçant ainsi la transparence et la redevabilité dans la gestion des affaires de l’État en République démocratique du Congo.

Par le biais de cette plateforme, Ebuteli entend soutenir un contrôle citoyen mieux informé de l’action gouvernementale. Pour en apprendre davantage sur les objectifs et le fonctionnement de ce nouvel instrument, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec Ithiel Batumike, chercheur au pôle politique d’Ebuteli.

Qu’est-ce que Landila, ce nouvel outil que vous lancez ?

Ithiel Batumike : Landila, un terme qui signifie « suivre » en kikongo, permettra aux citoyens d’évaluer les promesses formulées par le gouvernement depuis son investiture en juin 2024. Il offrira une vision claire des réalisations à ce jour. Pour commencer, nous nous concentrons sur six ministères pilotes parmi la quarantaine existante. Nous allons suivre attentivement les ministères de l’Intérieur, de la Santé, du Genre et des Mines, afin d’identifier les engagements prioritaires auxquels le gouvernement a souscrit et d’observer leur mise en œuvre.

S’agit-il donc d’un instrument de redevabilité ? Les citoyens pourront-ils accéder à des informations et exiger des comptes aux élus ?

Ithiel Batumike : C’est précisément l’objectif. Nous nous efforçons de mettre à la disposition du public des données qui permettent aux citoyens de prendre des décisions éclairées. L’idée est que ces informations, relatives aux engagements gouvernementaux et à leur exécution, puissent, à terme, guider les choix des citoyens de la manière la plus transparente possible. C’est un outil de redevabilité politique qui s’inscrit dans la continuité de Talatala, notre plateforme de suivi de l’activité parlementaire.

Comment comptez-vous faire connaître Landila au Congolais moyen, qui ne connaît pas forcément Ebuteli ni votre travail, afin qu’un large public puisse s’approprier cet outil conçu avant tout pour les citoyens ?

Ithiel Batumike : Par le passé, nous avons mené des campagnes de sensibilisation, y compris sur les marchés. Nous prévoyons de renouveler ces démarches pour aller à la rencontre de tous les Congolais, quelle que soit leur catégorie sociale, afin de vulgariser cet outil. D’autres supports de communication adaptés aux différentes couches de la population seront également déployés pour faciliter l’accès aux fonctionnalités et au contenu de cet instrument crucial pour la redevabilité politique.