Stratégie énergétique du Cameroun : Sonara tourne la page de Parras 24
Vue aérienne des installations pétrolières de la Sonara à Limbé, Cameroun.

Le Cameroun opte pour une nouvelle voie énergétique en privilégiant un partenariat public pour la Sonara

À Limbé, la Société nationale de raffinage (Sonara) s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire industrielle. Après des années sous le régime controversé de Parras 24, les autorités camerounaises ont décidé de rompre avec ce modèle pour se tourner vers une collaboration renforcée avec l’État. Une décision qui marque un tournant dans la gestion des ressources énergétiques du pays.

Parras 24 : un modèle contesté qui a montré ses limites

Le contrat Parras 24, en vigueur depuis plusieurs années, avait pour objectif de moderniser la Sonara et d’optimiser sa production. Pourtant, malgré les investissements consentis, les résultats n’ont pas répondu aux attentes. Les retards accumulés, les surcoûts répétés et les performances en deçà des prévisions ont fini par convaincre les décideurs de revoir leur stratégie.

Parmi les principaux griefs évoqués :

  • Des délais de réalisation prolongés, entraînant des coûts supplémentaires et des perturbations dans l’approvisionnement national en produits raffinés ;
  • Une opacité dans la gestion des fonds, limitant la transparence et la redevabilité ;
  • Des défauts de maintenance persistants, affectant la fiabilité des installations.

Face à ces constats, l’État camerounais a jugé nécessaire d’adopter une approche différente pour garantir la pérennité de sa raffinerie nationale.

Un partenariat public pour relancer la Sonara

Plutôt que de prolonger un modèle sous-traité, le gouvernement a choisi de miser sur une collaboration directe avec des acteurs publics. Cette nouvelle stratégie vise à redonner à la Sonara une autonomie décisionnelle tout en bénéficiant de l’expertise technique et financière de l’État.

Les objectifs affichés sont multiples :

  • Accélérer la modernisation des infrastructures pétrolières ;
  • Renforcer la production locale pour réduire la dépendance aux importations ;
  • Améliorer la transparence dans la gestion des ressources énergétiques ;
  • Sécuriser l’approvisionnement du marché camerounais en carburants et dérivés.

Cette transition s’accompagne d’un plan d’investissement ambitieux, piloté par des entités publiques spécialisées. Une démarche qui devrait permettre à la Sonara de retrouver sa place centrale dans l’économie nationale.

Quelles perspectives pour le secteur énergétique camerounais ?

Avec cette réorientation stratégique, le Cameroun envoie un signal fort quant à sa volonté de maîtriser son destin énergétique. La Sonara, en tant que fleuron industriel, devient un symbole de cette ambition. Les retombées attendues concernent non seulement l’autosuffisance en produits pétroliers, mais aussi la création d’emplois locaux et le développement de filières connexes.

Pourtant, cette transition n’est pas sans défis. Elle nécessite :

  • Une coordination efficace entre les différents acteurs publics ;
  • Un cadre réglementaire clair pour éviter les blocages administratifs ;
  • Une communication transparente avec les parties prenantes, notamment les professionnels du secteur.

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de cette nouvelle orientation. Une chose est sûre : le Cameroun a choisi de prendre son avenir énergétique en main.