Niamey — Au Niger, la production locale s’impose comme un pilier incontournable pour bâtir une économie résiliente. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, en a fait une priorité en s’immergeant au cœur des sites industriels de la capitale. Une démarche concrète pour ancrer la souveraineté économique dans les réalités du terrain.
Lors de sa tournée du 14 juillet 2026, le membre du gouvernement a visité trois sites stratégiques : Sahel Agro Ingénierie, spécialisée dans les huiles végétales locales, ainsi que les unités de production d’eau minérale Benie et Belvie. Au-delà des discours, ces déplacements visent à évaluer les avancées et à débusquer les freins qui entravent encore le développement industriel national.
Des huiles alimentaires aux eaux embouteillées : un secteur en pleine mutation
Chez Sahel Agro Ingénierie, les discussions ont porté sur les performances actuelles. L’entreprise transforme chaque jour près de 1 000 litres d’huile — extraits principalement d’arachide, de sésame et de souchet — une production qui pourrait s’amplifier pour réduire les importations et renforcer l’autonomie alimentaire du pays. Les échanges ont aussi abordé les défis logistiques et énergétiques qui limitent encore son expansion.
La visite s’est poursuivie vers les usines Benie et Belvie, où le ministre a inspecté les processus de fabrication, de la purification de l’eau jusqu’au conditionnement. Une attention particulière a été accordée aux normes sanitaires, aux dispositifs de contrôle qualité et à la traçabilité des produits, des critères essentiels pour garantir la confiance des consommateurs.
Énergie, logistique et investissements : les défis persistants de l’industrie nigérienne
Les rencontres avec les dirigeants d’entreprises ont révélé des obstacles récurrents : pénuries d’énergie, lacunes logistiques et besoins criants en financements. Face à ces constats, Abdoulaye Seydou a réaffirmé les engagements du gouvernement : renforcer les capacités industrielles, assurer une transparence des prix et positionner les produits locaux comme références sur le marché national.
Une stratégie globale qui s’inscrit dans une vision plus large : faire de l’industrie locale un levier de croissance durable et un rempart contre la dépendance économique.
Une politique de proximité pour une industrie résiliente
Cette initiative s’ajoute à une série de visites ministérielles dans d’autres sites industriels du Niger. Une approche proactive qui illustre la détermination des autorités à accompagner les acteurs économiques locaux. La production nationale n’est plus un simple objectif, mais un moteur de transformation structurelle.
En plaçant la production locale au cœur de sa politique industrielle, le Niger trace une voie ambitieuse vers une économie plus autonome, plus innovante et plus compétitive.