Sénégal : l’eau en sachet sous surveillance sanitaire
Entre août et septembre 2018, une équipe de quatre chercheurs de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar a mené une investigation approfondie sur la qualité de l’eau en sachet. Très prisée au Sénégal pour son coût abordable, cette eau, conditionnée en petites poches plastiques de 300 à 500 ml, a été prélevée sur 60 échantillons représentant 15 marques différentes. Les prélèvements ont été effectués dans les cinq principaux marchés de la capitale sénégalaise : Tilène, Thiaroye, Colobane, Grand-Yoff et Soumbédioune.
Les résultats de cette étude sont sans équivoque et révèlent des données préoccupantes. Deux séries de tests, conçues pour détecter la présence de micro-organismes tels que les moisissures et les bactéries d’origine environnementale ou intestinale, ont mis en évidence des niveaux de contamination bien supérieurs aux standards établis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
L’analyse a démontré que 83% des sachets examinés contenaient des germes bactériologiques. Plus alarmant encore, 15% des échantillons étaient contaminés par des coliformes, un indicateur potentiel de la présence de matières fécales.
Ces découvertes soulignent « une hygiène défectueuse durant le processus de transformation », selon les conclusions de l’étude universitaire. Les chercheurs alertent sur un « risque sanitaire » significatif pour les habitants de Dakar qui consomment régulièrement ces eaux. Ils insistent sur l’urgence de « prévenir les consommateurs » et de renforcer le « contrôle de la vente de l’eau conditionnée en sachet » afin de garantir la sécurité sanitaire publique.
Cette situation fait écho aux récentes actions des autorités. En mai dernier, la police sénégalaise avait déjà démantelé une douzaine de sites clandestins de production d’eau en sachet, situés en périphérie de Dakar, illustrant l’ampleur du défi sanitaire lié à cette filière.