Sénégal : le président Faye limoge son Premier ministre Ousmane Sonko

Des mois de frictions ont précédé cette décision, marquant une rupture entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son influent Premier ministre, Ousmane Sonko, dont le charisme fut déterminant dans leur ascension conjointe au pouvoir.

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (à gauche) et le président Bassirou Diomaye Faye (à droite) assistent à une cérémonie au palais présidentiel de Dakar, le 16 octobre 2025.

Cette situation est l’aboutissement de tensions persistantes entre les deux figures majeures de la politique sénégalaise, parvenues au pouvoir en avril 2024, portées par un formidable élan populaire. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre et ancien allié de lutte, Ousmane Sonko, ce vendredi 22 mai. Par un communiqué officiel diffusé à la télévision publique, le secrétaire général de la présidence a confirmé la fin des fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, entraînant également la dissolution de l’ensemble du cabinet ministériel et des secrétaires d’État. Les membres du gouvernement sortant sont désormais chargés de gérer les affaires courantes. Pour l’heure, l’identité du futur chef du gouvernement n’a pas été dévoilée.

Depuis l’arrivée de Bassirou Diomaye Faye à la tête de l’État, les désaccords se sont multipliés entre le président et son ancien mentor, dont l’aura et l’engagement avaient grandement contribué à propulser le duo au sommet. Personnalité politique majeure, Ousmane Sonko s’était imposé comme un adversaire résolu de l’ancien président Macky Sall (2012-2024). Une condamnation pour diffamation en 2024 l’avait cependant privé de ses droits civiques, l’empêchant de concourir à la magistrature suprême. C’est dans ce contexte qu’il avait choisi de soutenir la candidature de Bassirou Diomaye Faye, propulsant ce dernier vers la victoire.

Cependant, dès le début du mois de mai, le président avait publiquement exprimé ses réserves concernant une « personnalisation excessive » de l’action de son Premier ministre, perçue au sein même de la formation politique au pouvoir. Lors d’une intervention télévisée, il avait clairement indiqué : « Tant qu’il demeure Premier ministre, c’est grâce à ma confiance. Si celle-ci venait à manquer, un nouveau Premier ministre serait alors nommé. » La réaction d’Ousmane Sonko ne s’est pas fait attendre. Vendredi, sur sa page Facebook, il a posté : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », faisant référence à son quartier de résidence à Dakar.