Jusqu’à présent, trois provinces congolaises étaient touchées par lépidémie d’Ebola : l’Ituri (frontalier de l’Ouganda et du Soudan du Sud), le Nord-Kivu voisin et le Sud-Kivu. Vingt cas dont deux décès ont été recensés en Ouganda.
Le Haut-Uélé est désormais la 4e province congolaise à être touchée. La région, voisine de l’Ituri, est frontalière du Soudan du Sud mais aussi de la République centrafricaine.
Selon une source à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à l’AFP, une personne infectée a voyagé depuis l’Ituri vers le Haut-Uélé, important le cas dans la région. Une source sanitaire a précisé à l’AFP que le malade était décédé.
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Les autorités sanitaires tentent de remonter la chaîne de transmission et de retracer de très probables cas contact. Dans de nombreux cas, la maladie a été transmise lors de rites funéraires. La dépouille d’une victime d’Ebola est extrêmement contagieuse.
Depuis des semaines, les travailleurs humanitaires déployés sur le terrain tentent, malgré une forte défiance populaire, d’organiser dans les zones infectées des enterrements respectant des mesures sanitaires strictes pour écarter tout contact humain avec les corps des personnes décédées.
En RDC comme ailleurs en Afrique, les rites funéraires durent souvent plusieurs jours. Les familles et les proches habituellement touchent le corps du défunt pendant ces cérémonies.
Ces régions sont également en proie aux violences de groupes armées
Des incidents ont été signalés au cours des dernières semaines dans plusieurs centres de santé, notamment causés par des membres de communautés en colère venus réclamer les dépouilles de leurs proches.
Le Haut-Uélé présente les mêmes caractéristiques que l’Ituri: ce sont des terres situées aux confins de plusieurs pays et riches en or, les deux éléments combinés en faisant des zones d’échanges et de transits intenses, ce qui favorise la propagation du virus.
Ces régions sont également en proie aux violences de groupes armées. En Ituri, des massacres ont régulièrement cours depuis une dizaines d’années, menés par des milices communautaires ou le groupe armé ADF affilié à l’Etat islamique.
Les ADF ont récemment fait des incursions dans le Haut-Uélé, aussi troublé par des violences de groupes armés venus de pays voisins. Le contexte d’insécurité dans lequel l’épidémie d’Ebola continue à enfler, est une difficulté pour le déploiement de la riposte sanitaire, lancée avec retard. Humanitaires et scientifiques affirment que les autorités sanitaires ont tardé à détecter le virus.
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Selon des éléments d’enquêtes épidémiologiques encore à confirmer, les premiers décès suspects remonteraient à janvier. En Ituri, les efforts ont récemment été renforcés mais les structures de santé, qui fonctionnent souvent avec peu de moyens dans le pays parmi les plus pauvres de la planète, manquent encore d’équipements et de matériel de base comme des kits de protection et du chlore.
Les centres de traitement Ebola montés avec des équipes de l’OMS et plusieurs ONG sont déjà saturés avec un taux d’occupation de plus de 138%, selon l’Institut national de santé publique (INSP). Jusqu’ici, 78 soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés.
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Experts et autorités sanitaires s’accordent à dire que plus de six semaines après la déclaration officielle de l’épidémie, le pic n’est pas encore atteint, et que la crise pourrait durer entre six mois et un an. Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
L’épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
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