Querelle politique au Maroc : pjd et al adl wal ihsane s’affrontent sur le rôle des élections
Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), en juin 2026.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) et le mouvement Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité) au Maroc ont récemment relancé leurs divergences concernant la pertinence du processus électoral dans le pays. Ces échanges, qui opposent deux visions politiques et idéologiques, soulignent les tensions persistantes au sein de la scène politique marocaine.

Un débat historique entre deux courants

La confrontation entre ces deux formations ne date pas d’hier. Le PJD, issu de la mouvance islamiste modérée, défend depuis des années l’idée que les élections représentent un outil essentiel pour accéder au pouvoir et transformer la société. À l’inverse, Al Adl Wal Ihsane, movement d’obédience soufie et islamiste, rejette catégoriquement le système électoral, qu’il considère comme une illusion démocratique ne permettant pas de changer fondamentalement les structures politiques.

Cette divergence de fond s’est cristallisée ces dernières semaines, alors que les préparatifs pour les prochaines consultations électorales s’intensifient. Les responsables du PJD ont réaffirmé leur engagement en faveur de la participation aux scrutins, tandis que les partisans d’Al Adl Wal Ihsane ont réitéré leur opposition, invoquant des arguments historiques et théoriques pour justifier leur position.

Les arguments des deux camps

Pour les porte-parole du PJD, les élections offrent une opportunité concrète pour influencer les politiques publiques et faire entendre la voix des citoyens. Ils citent en exemple les avancées réalisées lors des précédentes législatures, où leur présence au Parlement avait permis d’impulser des réformes sociales et économiques. Selon eux, l’abstention ou le boycott ne font que marginaliser davantage les citoyens et affaiblir leur capacité à peser sur les décisions.

De leur côté, les militants d’Al Adl Wal Ihsane avancent que le système électoral marocain reste contrôlé par les élites, qui manipulent les règles du jeu pour perpétuer leur domination. Pour eux, seule une transformation radicale des institutions, en dehors des urnes, permettrait d’instaurer une véritable justice sociale et politique. Ils appellent à une mobilisation citoyenne en dehors des cadres traditionnels, comme alternative aux élections jugées inefficaces.

Conséquences sur la vie politique marocaine

Cette querelle dépasse le cadre d’un simple débat idéologique. Elle influence directement la stratégie des partis et des mouvements sociaux, ainsi que la perception des Marocains envers leurs institutions. Les tensions entre les deux courants risquent d’alimenter une polarisation accrue, avec des répercussions sur la cohésion nationale et la confiance dans le processus démocratique.

Alors que le Maroc se prépare pour de nouvelles échéances électorales, l’affrontement entre le PJD et Al Adl Wal Ihsane pourrait redéfinir les rapports de force au sein de l’opposition. Les observateurs s’interrogent déjà sur l’impact que cette rivalité aura sur l’avenir politique du pays, notamment dans un contexte où les attentes des citoyens en matière de justice et de transparence n’ont jamais été aussi fortes.