Paul kagame menace de riposter si le m23 est éradiqué dans les grands lacs

Paul Kagame menace de riposter si le M23 est éradiqué dans les Grands Lacs

Économie: RDC: jusqu’à 98% de l’or extrait échappe aux circuits officiels, alerte la CIRGL
Sécurité: ONU : la CIRGL insiste sur la nécessité de transformer les ressources naturelles des Grands Lacs en leviers de paix et de développement
Justice: Modernisation des prisons militaires : nouveau pavillon d’audiences et équipements de sécurité pour la prison de Ndolo
Société: RDC : pour la dixième année consécutive, le pays figure parmi les principales crises de déplacement négligées au monde, une situation qui s’aggrave alerte le NRC
Paul Kagame, Président du Rwanda

Le président rwandais Paul Kagame a lancé un avertissement sans équivoque, vendredi 17 juillet 2026, devant les membres du Bureau politique du Front patriotique rwandais (FPR). Face aux tensions persistantes avec la République démocratique du Congo et aux appels à l’élimination du mouvement rebelle M23, qu’il accuse d’être instrumentalisé contre son pays, il a réaffirmé la détermination du Rwanda à protéger sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Dans un discours marqué par une fermeté inhabituelle, le chef de l’État a dénoncé les pressions exercées sur son pays, notamment les sanctions américaines visant certains officiers de son armée et des entreprises rwandaises. Il a qualifié ces mesures de tentatives pour réduire le Rwanda au silence et minimiser ses préoccupations sécuritaires.

« Faire taire les gens sera plus difficile que ce que certains pensent. Nous dire de nous taire équivaudrait à soutenir ceux qui veulent venir vous tuer, comme ils l’ont fait par le passé. Nous gérerons cela comme nous l’entendons. La seule façon de me faire taire, c’est quand je serai mort. »

Paul Kagame a également rejeté toute hiérarchisation de la valeur des vies humaines, soulignant que chaque individu, quel que soit son origine ou sa nationalité, mérite un traitement équitable. Il a reconnu la vulnérabilité du Rwanda, un pays de petite taille, mais a fermement condamné toute velléité de remise en cause de son existence.

« Rabaisser tout et faire croire que la vie de certains vaut plus que celle d’autres n’est pas ma politique. Ce n’est pas la politique du FPR. Nous sommes un petit pays, insignifiant à bien des égards. Vous pouvez nous faire du mal, mais souhaiter notre disparition n’est pas une petite affaire. »

Le président rwandais est ensuite revenu sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, où le groupe armé M23, accusé par plusieurs États et organisations internationales d’être soutenu par Kigali, contrôle désormais de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon lui, les déclarations appelant à la disparition de ce mouvement ne visent pas seulement le groupe rebelle, mais bien le Rwanda dans son ensemble.

« Quand ils ont dit qu’ils feraient disparaître le M23, ils voulaient dire même le Rwanda : nous vous ferons disparaître. Eh bien, je ne peux pas le souhaiter. Je ne peux pas désirer une telle chose. Mais quand cela arrivera, quand je n’aurai pas pu l’éviter, je pense qu’ils nous trouveront [prêts]. »

Cette déclaration intervient alors que les initiatives diplomatiques, comme l’Accord de Washington ou les discussions de Doha sous l’égide du Qatar, peinent à apporter des solutions concrètes. Malgré les multiples cycles de négociations et les engagements pris, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC continue de se dégrader. Les tensions entre Kinshasa et les rebelles du M23, soutenus selon les accusations par le Rwanda, restent vives. Les efforts de médiation, notamment lors de l’étape de Montreux en Suisse, n’ont pas permis de rapprocher les positions des différentes parties. Les divergences persistent, et les accords signés peinent à être appliqués sur le terrain.

Face à cette impasse, des appels au respect des engagements et à la recherche de solutions pacifiques se multiplient au niveau national, régional et international. Pourtant, les réalités du terrain continuent de s’éloigner des avancées diplomatiques, chaque partie interprétant les textes selon ses propres critères. La mise en œuvre des accords reste ainsi incertaine, dans un contexte où la sécurité des populations civiles est de plus en plus menacée.