International

Paraguay : le tournant historique de la démission de Santiago Peña face à l’effondrement de la banque Ueno

Une démission choc qui bouleverse le Paraguay

Asunción, novembre 2026 – Dans un revirement spectaculaire, le président Santiago Peña a annoncé sa démission, cédant sous le poids d’une crise bancaire dévastatrice et d’une procédure de destitution imminente. Une décision sans précédent qui plonge le pays dans une phase d’incertitude politique et économique majeure, alors que des millions de Paraguayens luttent pour récupérer leurs économies bloquées.

Écouter la lecture≈ 6 min

« J’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président de la République », a déclaré Santiago Peña lors d’une allocution télévisée, alors que le Parlement s’apprêtait à voter sa destitution. Un coup de théâtre qui survient après des semaines de tensions intenses, marquées par l’effondrement de Ueno Bank, un pilier du système financier paraguayen.

Ueno Bank : l’effondrement d’un géant bancaire aux conséquences nationales

Tout a basculé lorsque la Banque centrale du Paraguay a décidé de suspendre les activités de Ueno Bank, un établissement bancaire comptant près de trois millions de clients dans un pays de six millions d’habitants. La raison ? Une dégradation alarmante de sa solvabilité, avec un ratio tombant sous le seuil critique de 50 %, mettant en péril sa capacité à rembourser ses déposants.

Les conséquences ont été immédiates : accès bloqué aux comptes, épargnes inaccessibles, moyens de paiement paralysés. Une situation d’autant plus préoccupante que Ueno Bank gérait également des fonds publics, notamment ceux liés aux retraites et à la sécurité sociale. Des centaines de millions de dollars sont désormais en jeu, mettant en lumière les risques d’un système bancaire mal régulé.

Dans les rues d’Asunción, la colère gronde. Des familles entières, des retraités et des salariés manifestent pour exiger le retour de leurs économies. Plus qu’un simple incident financier, cette crise révèle une défiance croissante envers les institutions censées protéger les citoyens.

Des conflits d’intérêts qui affaiblissent Santiago Peña

Au cœur de la polémique, les liens passés entre Santiago Peña et le groupe économique ayant contrôlé Ueno Bank. Avant de vendre ses parts en 2025, le président aurait été impliqué dans ce réseau d’influence, alimentant les soupçons d’un conflit d’intérêts. L’opposition accuse le chef de l’État d’avoir favorisé des intérêts privés au détriment de la stabilité financière du pays.

Les critiques portent également sur la gestion des risques : pourquoi les alertes sur la santé de Ueno Bank n’ont-elles pas été prises au sérieux ? Pourquoi les fonds publics ont-ils été exposés à des risques excessifs ? Des questions qui, aujourd’hui, pèsent lourdement sur la légitimité de Santiago Peña.

La démission de Carlos Carvallo, président de la Banque centrale et ancien dirigeant de Ueno Bank, a ajouté à la suspicion. Son manque d’indépendance dans la supervision bancaire est désormais au cœur des débats.

Une procédure de destitution qui précipite l’irréversible

La pression politique s’est intensifiée ces derniers jours, lorsque l’opposition a lancé une procédure de destitution contre Santiago Peña et son vice-président, Pedro Alliana. Une manoeuvre qui a finalement précipité l’annonce de la démission du président.

Mercredi et jeudi, la situation a basculé : plusieurs figures clés du Parti colorado, au pouvoir, ont retiré leur soutien à Santiago Peña, privant ce dernier de toute marge de manœuvre politique. Peu après, la Chambre des députés a voté sa mise en accusation, quelques minutes seulement après l’annonce de sa démission. Le Sénat doit désormais trancher dans le cadre d’une procédure institutionnelle.

Cette crise dépasse désormais le cadre financier : elle s’impose comme un test critique pour les institutions paraguayennes, remettant en cause leur crédibilité et leur efficacité.

Pedro Alliana face à l’héritage explosif de la crise

Avec la démission de Santiago Peña, c’est à Pedro Alliana, vice-président, que revient la lourde tâche d’assurer la transition. Son défi ? Rétablir la confiance dans le système bancaire, garantir le remboursement des épargnants, sécuriser les fonds publics et identifier les responsabilités dans l’effondrement de Ueno Bank.

Les autorités ont promis des mesures rapides pour accélérer les remboursements, tandis que des enquêtes judiciaires sont lancées contre les responsables de la banque. Mais au-delà de l’urgence, une question majeure se pose : comment un pays réputé pour sa stabilité économique a-t-il pu sombrer dans une telle crise ?

Pour Santiago Peña, cette démission marque la fin brutale d’un mandat éclipsé par le scandale. Pour le Paraguay, elle ouvre une période délicate où la restauration de la confiance sera aussi cruciale que la stabilisation de l’économie. Une chose est sûre : l’impact de cette crise pourrait redessiner durablement le paysage politique du pays.

Fils d'actualité (RSS) :