Ousmane Sonko défie l’Occident et maintient sa ligne dure sur la loi anti-homosexualité au Sénégal
Ce vendredi 22 mai, face aux députés de l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement soutenu les orientations de son administration. Il s’agissait de sa cinquième intervention lors d’une séance de questions d’actualité depuis l’accession de son parti, le Pastef, au pouvoir.
Questionné sur la législation récemment adoptée, qui renforce significativement les sanctions pénales pour les relations homosexuelles – une mesure ayant déjà conduit à l’arrestation de plus d’une centaine d’individus en seulement trois mois, et malgré l’appel au sursis lancé par des intellectuels africains le 18 mai via une tribune – le dirigeant gouvernemental a catégoriquement rejeté l’idée d’une quelconque suspension de ce texte.
Affirmant sa volonté d’endiguer « la propagation du phénomène de l’homosexualité », Ousmane Sonko a instamment demandé à la justice d’appliquer la loi de manière « totale, impersonnelle et parfaite ». Il a par ailleurs insisté sur le fait qu’il n’était pas question de dissimuler les « gros poissons », faisant ainsi allusion aux récentes interpellations de figures influentes de son cercle proche.
En réponse aux vives condamnations internationales suscitées par cette législation, le Premier ministre Sonko a résolument écarté les reproches émanant des nations occidentales. Il a spécifiquement désigné Paris, évoquant avoir constaté « beaucoup de gesticulations dans des pays étrangers, particulièrement en France ».
Qualifiant l’attitude des pays occidentaux de « tyrannie de l’Occident » qui tenterait d’imposer l’homosexualité à l’échelle mondiale « par le contrôle des médias », il a martelé sa position : « S’ils ont opté pour ces pratiques, c’est leur problème, mais nous n’avons absolument aucune leçon à recevoir d’eux ». Il a ensuite brandi la perspective d’un renforcement supplémentaire de la législation, précisant que « si la loi doit être renforcée, elle le sera ».