Obo, Haut-Mbomou : les armes tirés par les mercenaires russes vers la RDC est un missile sol-sol américaines entreposés dans leur ancienne base abandonnée

Obo, Haut-Mbomou : les armes tirés par les mercenaires russes vers la RDC est un missile sol-sol américaines entreposés dans leur ancienne base abandonnée  

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Obo, Haut-Mbomou : les armes tirés par les mercenaires russes vers la RDC est un missile sol-sol américaines entreposés dans leur ancienne base abandonnée  

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Obo, Haut-Mbomou : les armes tirés par les mercenaires russes vers la RDC est un missile sol-sol américaines entreposés dans leur ancienne base abandonnée  

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Des mercenaires russes du groupe Wagner ont tiré la semaine dernière un missile sol-sol depuis la ville d’Obo, en Centrafrique, en direction de la République démocratique du Congo, semant la peur des deux côtés de la frontière.

 

Pour comprendre ce qui s’est passé dans la nuit du jeudi 26 février à Obo, il faut remonter l’histoire de cette ville du Haut-Mbomou jusqu’à une époque où des soldats d’élite américains y avaient établi une base pour traquer l’un des criminels de guerre les plus redoutés d’Afrique centrale.

 

L’Opération Observant Compass était une mission militaire multinationale conduite d’octobre 2011 à avril 2017, dont l’objectif était de neutraliser la Résistance de l’Armée du Seigneur (LRA) et son chef Joseph Kony en Afrique centrale. Cette opération, placée sous commandement américain, mobilisait environ cent conseillers militaires américains, en grande partie des Green Berets ayant servi en Afghanistan et au Pakistan, déployés en Ouganda, au Soudan du Sud et en République centrafricaine pour soutenir l’armée ougandaise dans sa campagne contre la LRA.

 

Les troupes américaines étaient réparties entre plusieurs camps, dont ceux d’Obo et de Djema en République centrafricaine. La base d’Obo était entourée de caméras de surveillance et de barbelés. C’est dans cette ville reculée du Haut-Mbomou, à la frontière avec la RDC, que les Forces spéciales américaines ont posé leurs équipements pendant plusieurs années.

 

La cible de leur mission : Joseph Kony, chef de la LRA, un groupe rebelle ougandais dont les combattants ont enlevé et tué des milliers de civils au nord de l’Ouganda, mutilant nombre d’entre eux et s’en prenant particulièrement aux enfants.

 

L’opération s’est officiellement conclue en avril 2017, avec le retrait des conseillers militaires américains de la région. Malgré leur départ, Joseph Kony n’avait toujours pas été capturé. À leur départ, des équipements militaires — véhicules, matériels divers et, selon nos sources locales, des armes dont au moins un missile sol-sol — ont été entreposés dans des conteneurs à Obo, abandonnés sur place.

 

Après le départ des Américains, la base a été occupée par les soldats des Forces armées centrafricaines, les FACA. Mais il y a quelques mois, les mercenaires russes du groupe Wagner, appelés en renfort par le préfet du Haut-Mbomou, sont arrivés à Obo. Ils ont chassé les soldats FACA de l’enceinte et se sont installés dans l’ancienne base américaine.

 

Une fois à l’intérieur, ils ont méthodiquement fouillé les conteneurs : récupération des armes, des panneaux solaires, des équipements divers. Selon les informations recueillies par la rédaction auprès de sources locales, le préfet avait lui-même annoncé publiquement, avant les faits, que les mercenaires russes allaient procéder à des tirs d’essai pour tester les armes découvertes sur place. Les bonnes pour être gardées, les défectueuses pour être jetées.

 

C’est dans ce contexte que s’est déroulée la soirée du jeudi 26 février. Les mercenaires Wagner se sont rendus sur le terrain de football d’Obo, en pleine ville, en pleine vue. Ils y ont installé une arme de gros calibre et ont mis le feu. Le projectile a décollé comme une flamme dans la nuit, visible depuis plusieurs quartiers d’Obo. Il a survolé la ville de Mboki, puis Zemio, avant de franchir la frontière et de pénétrer en territoire congolais.

 

L’engin s’est abattu à cinq kilomètres du village de Zapay, en RDC, sans faire de victimes connues à ce stade.

 

Le choix de la direction n’était pas un Hazare. En pointant vers la RDC plutôt que vers le nord, les mercenaires s’assuraient que le projectile ne retomberait pas sur Bambouti, à seulement 125 kilomètres environ. Zapay, à plusieurs centaines de kilomètres, offrait une marge suffisante pour éviter des dégâts immédiats côté centrafricain. La forêt congolaise servait, selon nos sources, de zone de chute délibérée.

 

À Zapay, la nouvelle de l’impact a plongé les habitants dans la peur. Ce village congolais abrite également des réfugiés centrafricains qui ont fui les exactions de Wagner en RCA. Certains se demandent si le tir n’était pas un message à leur intention : aucune frontière ne les met hors de portée.

 

Ce qui est établi avec certitude, c’est que la milice Wagner est la seule force présente à Obo capable de manipuler ce type d’armement lourd. Personne d’autre dans cette ville, ni les FACA ni aucune autre force, n’a les moyens de tirer un projectile qui franchit une frontière internationale et retombe à des centaines de kilomètres de son point de départ.

Les témoins ont vu les mercenaires manœuvrer l’arme sur le terrain de football, pointer en direction du Congo et tirer. Il n’y a aucun doute sur l’identité de ceux qui ont appuyé sur la gâchette.

À Zapay, des familles congolaises ont passé la nuit à scruter le ciel, sans savoir si un autre projectile allait tomber.

 

Par Éric Nzapa

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