Nouveau pouvoir au Sénégal : vers une alliance avec le fmi ?

Le Sénégal traverse une période de bouleversements politiques majeurs ces derniers jours. Entre le 22 et le 26 mai, le pays a connu une série de décisions rapides qui redessinent l’équilibre des forces. Le 22 mai, le président Bassirou Diomaye Faye a démis de ses fonctions le Premier ministre Ousmane Sonko. Dès le lendemain, un nouveau chef de gouvernement, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, était nommé pour lui succéder. Puis, le 26 mai, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, un poste clé dans l’architecture institutionnelle.

Cette “accélération sans précédent” des événements a marqué un tournant dans la gouvernance du pays. Les observateurs s’interrogent déjà sur ses répercussions potentielles, notamment face aux défis économiques urgents. La dette publique, qui atteint désormais 132 % du PIB, et les tensions sur les dépenses énergétiques — aggravées par la crise au Moyen-Orient — pèsent lourdement sur les finances publiques.

L’économiste Abdoulaye Ndiaye a tiré la sonnette d’alarme dans une tribune, évoquant un “pays au bord du précipice financier”. Jusqu’ici, le Fonds monétaire international (FMI) avait vu ses propositions de restructuration économique rejetées, en particulier par le parti Pastef. Pourtant, avec cette nouvelle configuration politique, certains analystes estiment que le terrain pourrait être plus propice à un dialogue avec l’institution internationale.

Reste à savoir si cette recomposition du pouvoir permettra d’engager des réformes structurelles ou si elle se limitera à une simple redistribution des rôles. Une chose est sûre : la situation économique exige des décisions rapides, sous peine d’aggraver les difficultés déjà présentes.