Niger : une urgence sanitaire face à la polio et au covid-19
Le Niger confronté à une double menace sanitaire : polio et Covid-19
Alors que la pandémie de Covid-19 continue de fragiliser le système de santé nigérien, une nouvelle épidémie de poliomyélite frappe le pays. Deux cas de paralysie infantile ont été recensés dans les régions de Niamey et Tillabéri, aggravant ainsi la situation sanitaire déjà tendue.
Des modes de transmission distincts mais des symptômes similaires
Bien que ces deux maladies ne se propagent pas de la même manière, leurs manifestations cliniques peuvent prêter à confusion. Le Covid-19 se transmet par les voies respiratoires via les postillons (toux, éternuements), tandis que la polio se contracte par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, ou par contact avec des surfaces souillées. Cependant, les deux infections partagent des signes communs : fièvre, maux de tête et toux.
Un défi majeur pour la vaccination de masse
Le Dr Pascal Mkanda, coordinateur du programme d’éradication de la polio dans la région africaine, alerte : « Le Niger avait réussi à stopper les précédentes flambées de polio grâce à des campagnes de vaccination massives en 2019. Aujourd’hui, ces efforts sont compromis par les mesures sanitaires liées au Covid-19, qui imposent des normes strictes de distanciation sociale et d’hygiène. Les campagnes de vaccination contre la polio ont donc été suspendues. »
Cette suspension expose le pays à un risque accru de propagation du poliovirus. En décembre dernier, le Niger, le Kenya et le Mozambique avaient pourtant annoncé avoir mis fin à des épidémies de polio qui duraient depuis 24 mois. Cependant, la nouvelle souche détectée dans les régions de Niamey et Tillabéri est indépendante des précédentes épidémies.
Une menace qui s’étend à l’ensemble du continent
Le Niger rejoint désormais la liste des 15 pays africains touchés par des flambées de poliovirus dérivé de vaccins. Parmi eux figurent l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Nigeria, le Togo et la Zambie. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : une couverture vaccinale insuffisante, un accès limité à certains territoires, des refus de vaccination et une qualité médiocre des campagnes de sensibilisation.
L’urgence d’une protection immédiate
Le Dr Mkanda insiste : « Le poliovirus continuera de circuler et risque de paralyser davantage d’enfants. Sans campagnes de vaccination efficaces, la propagation est inévitable. »
Bien qu’il n’existe aucun traitement contre la polio, la vaccination reste la seule solution pour protéger les populations. Au Niger comme dans d’autres pays africains, des initiatives sont en cours pour renforcer l’immunité des enfants et prévenir les cas de paralysie. Cependant, la reprise des activités de vaccination de masse reste compromise tant que la pandémie de Covid-19 imposera ses contraintes.
- Polio : une maladie évitable par la vaccination, mais dont les retards de couverture vaccinale favorisent les résurgences.
- Covid-19 : les mesures sanitaires nécessaires pour lutter contre le virus perturbent les programmes de vaccination traditionnels.
Face à cette double crise, les autorités sanitaires appellent à une mobilisation accrue pour trouver un équilibre entre la lutte contre le Covid-19 et la prévention d’autres maladies infectieuses comme la polio.