N’délé : braquage de bétail par mercenaires et forces armées en Centrafrique
n’délé sous tension : l’opération conjointe des mercenaires russes et des faca dégénère en pillage de troupeaux
À N’délé, dans la préfecture du Bamingui-Bangoran, une opération militaire menée par des mercenaires russes aux côtés des Forces Armées Centrafricaines (FACA) s’est transformée en un véritable désastre pour les éleveurs locaux. Selon les témoignages recueillis sur place, des centaines de têtes de bétail auraient été saisies de force sous prétexte de lutte contre les groupes armés. Une situation qui alimente la colère des communautés pastorales, déjà en proie à l’insécurité chronique dans cette région du Sahel.
des accusations de spoliation qui s’accumulent
Les éleveurs de N’délé dénoncent une stratégie de prédation déguisée sous couvert d’opération sécuritaire. Plusieurs responsables locaux rapportent que les mercenaires et les soldats ont confisqué des troupeaux entiers, sans justification légale apparente. « C’est du vol organisé », s’indigne un chef de village sous couvert d’anonymat. Les pertes se chiffrent en milliers d’euros, mettant en péril les moyens de subsistance de familles entières.
le bamingui-bangoran, une zone sous haute pression
Cette préfecture, frontalière avec le Tchad et le Soudan, est un corridor essentiel pour les mouvements de bétail entre les pays du Sahel. Depuis des années, elle subit les conséquences d’un conflit qui oppose milices, groupes djihadistes et forces gouvernementales. L’arrivée des mercenaires russes en 2018 avait initialement été présentée comme un renfort pour stabiliser la région. Pourtant, les voix sahéliennes s’élèvent désormais pour dénoncer des dérives inquiétantes.
les conséquences humanitaires et économiques
Au-delà de l’aspect matériel, cette spoliation aggrave une crise humanitaire déjà profonde. Les éleveurs, privés de leurs moyens de subsistance, voient leur avenir compromis. « Sans notre bétail, nous ne pouvons plus nourrir nos familles ni scolariser nos enfants », confie un éleveur local. Les autorités locales, impuissantes face à ces exactions, peinent à trouver des solutions pour protéger les populations civiles.
que retenir de cette opération controversée ?
- Une opération militaire qui bascule dans l’illégalité : les FACA et les mercenaires russes sont accusés de s’être livrés à des exactions sous couvert de lutte antiterroriste.
- Un impact dévastateur sur les communautés pastorales : la confiscation de bétail prive des milliers de personnes de leurs ressources vitales.
- Une région sous tension permanente : le Bamingui-Bangoran reste un foyer de tensions où les civils paient le prix fort des conflits armés.
Face à cette situation, les appels à une enquête indépendante se multiplient. Les organisations de défense des droits humains réclament des clarifications urgentes sur les méthodes employées par les forces en présence. Pour les peuples du Sahel, cette affaire rappelle tragiquement que la sécurité ne peut se construire au détriment des plus vulnérables.