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Monnaie de l’AES : les conséquences bien réelles d’un calendrier toujours absent

L’absence de calendrier officiel pour la monnaie de l’AES ne relève pas d’un simple détail diplomatique. Pour les ménages, les entreprises et les institutions financières des trois pays concernés, ce flou prolongé a des répercussions directes sur la planification économique, les contrats transfrontaliers et la confiance des investisseurs. Dimanche 27 septembre 2026, le président burkinabè Ibrahim Traoré a été interrogé sur ce dossier brûlant : il n’a annoncé ni date, ni nom, ni mécanisme de lancement, se contentant d’inviter à suivre les développements à venir.

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Ce que le silence officiel change concrètement pour les acteurs économiques

La construction progressive d’institutions communes entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger a franchi des étapes dans les domaines militaire, diplomatique et financier. Mais la création d’une devise propre aux trois États demeure l’un des chantiers les plus sensibles, et son calendrier reste inconnu.

À la question de savoir si une monnaie de l’AES pourrait voir le jour prochainement, Ibrahim Traoré n’a fourni aucune précision. Cette absence de visibilité pèse sur les décisions d’investissement, la structuration des échanges et la stabilité des anticipations dans l’espace sahélien.

À ce stade, aucun des trois États n’a publié de calendrier officiel détaillant une sortie du franc CFA, une période de transition ou les modalités de création d’une banque centrale commune. Les informations circulant sur les réseaux sociaux au sujet de billets déjà imprimés ou d’une mise en circulation imminente doivent donc être traitées avec la plus grande prudence : elles exposent ceux qui les prennent pour argent comptant à des décisions économiques hasardeuses.

Les autorités de l’espace AES ont d’ailleurs déjà démenti plusieurs annonces attribuant à la Confédération des décisions monétaires qui n’avaient pas été officiellement adoptées.

Une souveraineté monétaire aux implications profondes pour les citoyens et les entreprises

Si Ibrahim Traoré n’a pas donné de calendrier, il ne ferme pas pour autant la porte à une monnaie propre. Le président burkinabè a déjà présenté à plusieurs reprises la souveraineté économique et financière comme l’un des prolongements de la coopération engagée avec le Mali et le Niger. Dans cette logique, la question monétaire dépasse la simple création de billets : elle touche à la gestion des réserves, à la politique de change, au financement des économies et à la stabilité des prix, autant d’éléments qui déterminent le pouvoir d’achat quotidien des populations.

Une éventuelle sortie du système actuel nécessiterait des institutions capables de conduire une politique monétaire commune et d’assurer la confiance dans la nouvelle devise. L’AES a déjà commencé à développer certains instruments financiers communs, notamment à travers des mécanismes destinés à soutenir les investissements et les projets structurants des trois États.

Ces dispositifs peuvent être considérés comme des éléments d’une intégration économique plus large, sans constituer pour autant la preuve qu’une monnaie commune est prête à être lancée. Le passage à une devise propre représenterait une étape beaucoup plus complexe, avec des conséquences concrètes sur les banques, les entreprises, les échanges transfrontaliers, les contrats, l’épargne et les finances publiques.

Pour le moment, les trois pays continuent d’utiliser le franc CFA de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Aucune décision officielle n’a été rendue publique concernant une date de retrait, un taux de conversion vers une éventuelle nouvelle monnaie ou une période pendant laquelle les deux devises pourraient coexister. En attendant, les acteurs économiques et les citoyens de l’espace AES doivent composer avec une incertitude dont les effets se font déjà sentir sur le terrain.