Mines artisanales au Mali : comment l’orpailleuse défie chaque jour la mort

L’effondrement tragique survenu à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a emporté six femmes le 9 janvier 2026. Cet événement dramatique révèle une réalité plus large : l’extrême précarité économique qui pousse les mères de famille à risquer leur vie au quotidien pour survivre.
Les femmes, otages de la survie dans les mines artisanales
Dans les mines artisanales du Mali, les femmes n’ont pas le choix : elles doivent travailler dans des conditions extrêmes pour nourrir leur famille. Sous un soleil brûlant de la région de Kayes, certaines passent jusqu’à 12 heures par jour à extraire de l’or, souvent dans des fosses instables abandonnées par les hommes. Ces zones, jugées trop dangereuses pour les autres orpailleurs, deviennent leurs lieux de travail quotidiens, malgré les risques d’éboulements.
Les statistiques locales montrent que 70 % des femmes engagées dans l’orpaillage artisanal œuvrent dans des sites non sécurisés. Leur situation est aggravée par l’absence d’équipements de protection et par l’accès limité aux zones les plus rentables, réservées aux hommes. Résultat : elles se retrouvent dans des galeries fragilisées par le temps et l’érosion, où chaque jour peut être le dernier.
Un quotidien entre toxicité et violences
Le danger ne se limite pas aux effondrements. Les femmes minéresses manipulent quotidiennement du mercure et d’autres substances hautement toxiques sans aucune protection. Les conséquences sanitaires sont dramatiques : maladies pulmonaires, lésions cutanées, et empoisonnements chroniques. À cela s’ajoutent les violences basées sur le genre, fréquentes dans ces environnements précaires où les lois ne protègent pas les plus vulnérables.
L’exemple de Kéniéty est emblématique : six femmes, dont deux mariées, ont trouvé la mort en creusant les parois d’une ancienne mine chinoise. Leur quête désespérée de quelques grammes d’or a été stoppée net par l’effondrement soudain des galeries. Malgré l’intervention des secours, le bilan reste sans appel : la terre a eu raison de leur courage.
Réparer les cicatrices : sécurisation et alternatives économiques
Après le départ des sociétés minières, les villages comme Dialafara se retrouvent avec des cratères béants, véritables pièges mortels pour les populations les plus pauvres. Pour éviter de nouvelles tragédies, le remblayage systématique des sites est devenu une priorité absolue. Les autorités locales et les services sociaux doivent agir rapidement pour sécuriser ces zones et empêcher les femmes de s’y engouffrer par nécessité.
Au-delà de la sécurité, la question de l’autonomisation des femmes se pose avec urgence. Des programmes d’accompagnement vers des activités génératrices de revenus doivent être mis en place pour briser le cycle de la pauvreté. Sans solutions concrètes, les mines artisanales continueront de faire des victimes parmi les femmes maliennes, piégées entre la faim et la mort.