Martinez zogo : la vidéo des derniers instants fait trembler Yaoundé

martinez zogo : la vidéo des derniers instants fait trembler Yaoundé

Mémorial de Martinez Zogo

Depuis deux jours, la salle d’audience du tribunal militaire de Yaoundé est sous le choc. Les images des derniers instants du journaliste Martinez Zogo, diffusées pour la première fois devant les juges, ont bouleversé l’assistance. Une séquence insoutenable, marquée par une violence extrême et une souffrance manifeste.

Le 1er juin, alors que les débats s’engagent, l’écran s’allume. Le corps du journaliste, couvert de sang, est étendu au sol. Ses supplications, presque inaudibles, résonnent dans un silence de plomb. L’émotion est palpable, au point que l’audience doit être suspendue. « C’est fort, c’est très fort. Je ne suis pas le seul à ressentir cela », confie l’avocat Ludovic Sabze sous le coup de l’émotion.

Les images, extraites du compte Google de l’ancien agent de la DGRE Godje Oumarou Vincent, révèlent l’horreur des derniers moments de Martinez Zogo. Elles confirment les soupçons de torture et d’enlèvement, mais laissent aussi entrevoir des zones d’ombre persistantes.

Les révélations de l’expert en cybercriminalité

L’expert Georges Bell Bitjoka, spécialiste en cybercriminalité, a joué un rôle clé dans l’avancée de l’enquête. Son analyse des données numériques a permis de mettre en lumière des échanges troublants entre Jean-Pierre Amougou Belinga et Justin Danwe, entre le 18 et le 28 janvier — une période cruciale, juste après l’enlèvement du journaliste et avant la découverte de son corps.

Selon l’avocat Calvin Job, cette expertise représente une avancée majeure : « C’est un rapport qui remet les cartes sur table. Un travail d’une qualité exceptionnelle, tant sur le plan technique que sur celui des recherches ». Il estime que, si le tribunal s’appuie sur ces conclusions, « il aura déjà accompli 98 % de sa mission ».

Un procès marqué par l’inachevé

Pourtant, malgré ces avancées, des questions restent sans réponse. Qui a ordonné l’enlèvement et la torture de Martinez Zogo ? Aucun commanditaire n’a été clairement identifié à ce stade. Les avocats de la famille du journaliste réclament une expertise complémentaire pour analyser les données supprimées entre les deux hommes d’affaires.

« Il y a un goût d’inachevé », déplore Paul Chouta, en référence aux 18 % de données extraites du téléphone de Jean-Pierre Amougou Belinga. Ces informations, insuffisantes pour établir sa culpabilité ou son innocence, laissent planer le doute.

Le procès a été renvoyé aux 22 et 23 juin. Une nouvelle audience qui pourrait, peut-être, lever une partie des mystères entourant cette affaire tragique.